Le contrat de génération : un petit pas culturel

Le Gouvernement Ayrault prévoit la mise en place les contrats de génération qui de fait valorisent l’expérience des seniors et favorisent une sensibilisation à la complémentarité des âges. Pour une fois, on sort de la logique des vases communicants pour privilégier l’interdépendance des qualités… C’est déjà un sacré progrès !

Et si ce contrat à la forte charge sémantique permet de contribuer à renforcer la prise de conscience de la nécessité de penser la politique d’emploi sur la vie entière des personnes et non par âge, un pas aura été fait.

L’idée de valoriser l’apport des seniors est une nécessité à l’heure où ces derniers subissent le poids des représentations négatives. Rappelons que seulement 40% des 55-64 ans sont en activité et que parmi eux, le taux de chômage Approche les 7% (+17,5% sur un an). L’idée de soutenir et accompagner les jeunes arrivants dans une structure est une bonne chose plutôt que de toujours se plaindre d’un décalage entre la pseudo génération Y et le collectif. Certaines entreprises, des grandes comme Erdf, ou de bien plus petites, savent depuis longtemps l’importance de favoriser le tuilage entre les nouveaux et les expérimentés. Il y va du bien être du salarié comme de l’efficacité du collectif.

Il importe aussi de souligner qu’une telle démarche n’a de sens que si les seniors volontaires sont accompagnés et formés au tutorat. C’est une façon de les valoriser et de mien marquer que cette fonction de tuteur est importante pour l’entreprise.

Le plan gouvernemental cherche la voie étroite entre la logique de l’amende et celle de la subvention d’aubaine. Une nouvelle fable de la carotte et du bâton. L’attention de ne pas mettre toute les entreprises dans le même sac est louable et devrait réduire l’effet d’aubaine et le coût pour les finances publiques de cette mesure. Pour le reste, la subvention qui lie le sort du jeune et du senior risque d’être assez peu utilisée à la fois parce que les entreprises embauchent d’abord en fonction de leur anticipations et de leurs besoins de court terme, mais aussi parce que les délais prévus sont très longs. Hormis certaines fonctions techniques, le tutorat s’inscrit dans un temps limité même si par la suite, il peut y avoir entre les deux personnes un lien spécifique.

Bref ce projet va dans le bon sens et permettra de faire avancer (un peu) les mentalités. Mais ne nous faisons pas trop d’illusions quant à son effet sur l’emploi.

Serge Guérin

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