Revue de presse économique - Les Echos - du 16 au 30 Novembre 2012

 

© AFP/ Louisa Gouliamaki

Semaine 1 – Du 16 au 22 Novembre 2012

Lundi 19 Novembre

P.30 – La Grèce songerait à racheter sa dette après des investisseurs privés.

Un rachat de dette par l’état grec aurait pour but de profiter de la faible valorisation des titres pour les racheter à bas prix et ensuite les annuler. Ainsi, si l’obligation s’échange à 40% de sa valeur d’émission, le pays réalise une économie de 60% par rapport à un remboursement à 100%, ce qui réduirait le niveau de dette souveraine. Le prix de rachat proposé, jouant sur les craintes d’une faillite, serait compris entre 27 et 33% de la valeur nominale, contre actuellement 25% sur les marchés, ce qui augmente leur attractivité.

Mais plus la rumeur n’avance, et plus le titre grec grimpe, atteignant 32,39%. Ce rachat ne concernerait que la dette privée, déjà restructurée à près de 75% de décote il y a plusieurs mois.

Cependant, la dette privée ne représente qu’une petite partie de l’encours total de la dette grecque, détenue à 75% par l’UE, le FMI, le FESF ou encore la BCE, créanciers publics. Ainsi l’Eurogroupe serait prêt à reverser à l’état grec une partie des intérêts, allonger les échéances des obligations ou de la date prévisionnelle de retour à 120% de PIB.

Mardi 20 Novembre 2012

P.04 – Crédit d’impôt : Qui seront les gagnants ?

Allons que le crédit d’impôt issu du fameux rapport Gallois se met en place, le débat porte sur les principaux bénéficiaires de la mesure. Cette dernière est un crédit d’impôt de 20 milliards pour les entreprises sur les salaires compris n’être 1 et 2,5 SMIC (environ 3500 euros brut). Ainsi, l’industrie serait la première bénéficiaire, devant le commerce et les services aux entreprises, selon COE-Rexecode.

Un système de préfinancement permettant d’obtenir une avance de trésorerie sera mis en place en 2013 pour les entreprises en difficulté de moins de 250 salariés. L’impact sectoriel de ces mesures serait particulièrement favorable à l’industrie, au commerce et aux services aux entreprises, et pratiquement négligeable pour le transport ou le secteur hospitalier.

Mardi 20 Novembre 2012

P.09 – Grèce : l’Eurogroupe à nouveau pied du mur…de la dette.

Alors que la Grèce attend le déblocage de la nouvelle tranche de l’aide accordée sous forme de prêts à taux « relativement faibles », son parlement a voté un nouveau plan d’économie budgétaire de 16 milliards sur 4 ans. En contrepartie, elle a obtenu 2 années de délai supplémentaire pour ramener son déficit sous la barre des 3% de PIB, soit 2 ans pendant lesquels le pays devra encore se financer hors des marchés.

Comment financer ce délai, si possible sans apport supplémentaire ?

Une option, proposée par l’Allemagne, consisterait à supprimer les taux d’intérêt sur les 53 milliard d’euros du plan d’aide 2010, ce qui représenterait 3,2 milliards pour la période 2012-2016. Une autre solution serait d’organiser un rachat par la Grèce de sa propre dette, avec une forte décote. Cela nécessiterait un prêt du FESF ou du MES. Une troisième possibilité serait de permettre à la BCE de racheter des obligations grecques, en les rééchelonnant dans le temps, ce qui pourrait rapporter près de 8 milliards d’euros.

Cependant, aucune de ces solutions ne serait suffisante, et pose la question de l’effacement d’une partie des créances par les créanciers institutionnels européens et les états, jugée inévitable par de nombreux analystes.

Semaine 3 : Du 23 au 30 Novembre 2012

Lundi 26 Novembre 2012

P.07 – Grèce, les ministres européens décidés à aboutir sur la question de la dette.

Les 17 ministres des finances de la zone euro, la directrice du FMI et le président de la BCE se sont retrouvés à Bruxelles pour débloquer au moins 31,5 milliards d’aide à la Grèce. Athenes a voté les différentes reformes souhaitées, facilitant els négociations.

Les européens sont tombés d’accord sur plusieurs points, dont notamment la réduction des taux d’intérêt bilatéraux, la rétrocession des gains réalisés par les banques centrales et la BCE sur els obligations détenues, ainsi que sur le principe d’un rachat de la dette grec. Le FESF rachèterait la dette grecque sur le marché secondaire mais aucun montant n’a été précisé.

Cependant, cela ne suffira pas à ramener l’endettement grec à 120% du PIB en 2020, demandé par le FMI, et l’on se dirige vers un délai supplémentaire de 2 ans, à horizon 2022. L’Allemagne, de son coté, évoque la possibilité d’effacer la dette d’ici à 2015 pour la ramener à 75% du PIB.

Mardi 27 Novembre 2012

P.07 – La zone euro cherche à alléger la dette grecque de façon indolore

Pour la troisième réunion en deux semaines, un accord d’ampleur semble se dessiner au sujet de la dette grecque.

Cette dernière va s’envoler, selon les prévisions du FMI, à 190% du PIB en 2014, un niveau insoutenable pour cet Etat en pleine récession. Les ministres des finances de la zone euros préfèrent écarter la solution de restructuration de la dette détenue par les institutionnels, solution privilégiée par le FMI. L’accord semble cependant se diriger vers des mesures multiples : baisse des taux d’intérêts, rétrocession des bénéfices sur obligations, allongement des délais de remboursement des prêts…etc.

Le FMI est en désaccord avec l’Europe au sujet de l’effacement total ou partiel de la dette, seule solution selon l’organisation, de la maintenir à un niveau soutenable ; une solution pourtant dangereuse pour les Etats européens détenant des obligations grecques, qui verraient alors la leur augmenter.

Mercredi 28 Novembre 2012

P.03 – Crédit d’impôt : nouvelle accélération

Un amendement, déposé hier, décrit le fonctionnement du crédit d’impôt issu du plan Gallois. Il devait être étalé sur 3 ans, il le sera sur 2. La réduction serait de 4% de la masse salariale des 2013, et 6% à partir de 2014.

Cette accélération, saluée par le MEDEF et la CGPME, ne coutera pas plus à l’état : 10 milliards en 2014, 15 en 2015, et 20 en 2016. Pour les plus grandes entreprises, le bénéfice sera faible : en effet, quand le crédit est supérieur à l’impôt sur les sociétés (très faible pour les entreprises du CAC40), l’excèdent sera imputé sur l’impôt des années suivantes.

En revanche, les PME pourront bénéficier d’un remboursement du Trésor dés 2013.

SYNTHESE – Quinzaine du 16 au 30 Novembre

Alors que la Grèce et son économie sont de plus en plus étouffées par la récession et l’endettement, une nouvelle tranche d’aide a été débloquée, accompagné de plusieurs mesures comme la baisse des taux d’intérêt, la rétrocession des bénéfices sur obligations ou l’allongement des délais. Cependant, une restructuration générale de la dette publique grecque semble, à terme, inévitable, ce qui pourrait avoir de sérieuses conséquences politiques pour les pays détenteurs.

En France l’accélération de la mise en place du crédit d’impôt semble de bon augure, de même que la simplification de la mesure, la rendant plus lisible et efficace. Même si le plan Gallois doit être accompagné d’une baisse des dépenses de l’état, en cours d’élaboration, ces mesures sont à même de redonner confiance aux entreprises pour le moyen terme.

 Samuel Atlani

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