Les premiers jours d’une nouvelle présidence… et d’un nouveau gouvernement !

Plus qu’une nouvelle présidence, François hollande veut être l’incarnation d’un nouveau mode de présidence : la présidence normale.

Durant toute sa campagne, ayant bien compris que cette dernière était plus un référendum anti-Sarkozy que le choix d’un homme, il n’a eu de cesse de se présenter comme le candidat normal d’une présidence normale. « Le changement, c’est maintenant » était son slogan ! « La république irréprochable » était sa volonté. Et comme si tout cela ne suffisait pas, au terme d’un débat de second tour, usant d’anaphores (un mot que les français ont pu ajouter à leur vocabulaire), il s’engage dans un vaste lancer de promesses… « Moi, président… ».

S’il semble jusqu’à ce jour, respecter ces engagements anaphoriques avec le respect de la parité, le 1er ministre qui change son statut de « collaborateur » pour celui d’acteur, le code de déontologie signé par l’ensemble des ministres, il n’en n’est pas de même sur celui de la république irréprochable.

En effet, le jour même de son investiture, il nomme 1er ministre, Jean-Marc Ayrault, un homme condamné en 1997 pour favoritisme et dont l’intégrité ne semble pas mise en cause. Et comme si cela ne suffisait pas, le serment étant rompu, ce dernier, nomme au poste de garde des sceaux Christiane Taubira, condamnée pour licenciement abusif, en 2004. Quelques jours plus tard, c’est au tour de M. Arnaud Montebourg d’être condamné pour injures publiques. Je m’empresse d’écrire que ce ne sont pas tant ces condamnations qui me choque que le fait que notre président avait promis « qu’il ne s’entourerait pas de personnalités condamnées ou jugées ». Mais à sa décharge, il avait précisé « à l’Elysée » et ceux là n’y sont pas ! Il est donc possible d’être condamné ou jugé, si l’on est à Matignon, place Vendôme ou à Bercy !

Ceci étant dit, parlons un peu de l’action du gouvernement. Il semble très enclin aux effets d’annonce et à la précipitation dans les décisions sans concertation préalable.

Ainsi, Christiane Taubira, garde des sceaux, s’empresse de supprimer les tribunaux correctionnels pour les mineurs. Au lieu de cela, elle aurait peut-être pu avoir le même empressement à examiner comment améliorer la célérité de la justice française, envers ces mêmes mineurs. En effet, les condamnations sont prononcées parfois si longtemps après les actes que ces derniers, sont alors majeurs. Plus ennuyeux, à mon sens, ce délai est parfois si long que les acteurs des faits ne peuvent plus les rapporter aux faits. Et que dire des victimes, qui auraient sans doute souhaité passer à autre chose bien avant. Bref, il faut préciser à notre nouvelle ministre que même si notre président voyage désormais avec la SNCF, un train peut en cacher un autre et les priorités ne sont pas forcément celles-que l’on croit…

Les rythmes scolaires sont également à l’honneur en ce début de gouvernance. M. Vincent Peillon, ministre de l’éducation a rapidement annoncé sa révision. En préambule et pour dissiper tout malentendu, je ne suis pas hostile à une révision des rythmes scolaires. Les faits sont là, en 2008, la semaine de 4 jours est mise en place sans aucune sorte de concertation et sans le moindre allègement des programmes. Pourtant, la journée des écoliers français (de 8 h 30 à 16 h 30) est la plus longue d’Europe avec 6 heures de cours dans le primaire auxquelles il faut ajouter 2 heures supplémentaires par semaine d’aide personnalisée pour les enfants en difficultés. Autre chose, l’année scolaire, avec 140 jours de classe, s’avère être la plus courte de l’OCDE mais concentrant le plus grand nombre d’heure de classe avec un total compris entre 864 et 1033 heures selon les âges.

Alors, oui Monsieur le Ministre, nous sommes d’accord avec vous. Mais, cela doit se faire avec une large concertation, en prenant le temps qu’il est nécessaire pour effacer tous les corporatismes. Il ne doit pas s’agir d’une simple convergence de vue entre certains. Ce doit être un réel travail de confrontation d’idées qui doit aboutir à une réforme en profondeur. Cela ne se résumera pas uniquement par le passage de 4 à 5 jours de travail pour nos écoliers. Il faut une large révision des rythmes scolaires.

Pourquoi ne pas discuter de l’accueil des enfants, du temps de l’apprentissage, du temps des repas, du périscolaire ou de l’extrascolaire ? Certains enfants font en extrascolaire ce que l’école de la république ne peut pas leur fournir.

Il doit y avoir une plus grande adéquation entre les temps scolaires et les rythmes de l’enfant. Donc la réforme doit porter sur les temps scolaires et non sur les rythmes ! De grâce, cesser les effets d’annonce pour effectuer ce véritable travail qui fera qu’Hubert Montagner, ancien directeur de recherche à l’INSERM, ne pourra plus dire que «l’école maltraite » nos enfants.

La nouvelle présidence et la nouvelle gouvernance n’auront probablement pas un état de grâce de 100 jours. La course à la notoriété gouvernementale est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Le travail, c’est maintenant ! Les paroles doivent être respectées pour ne plus faire le lit des fronts populistes de droite comme de gauche! Vous savez que la confiance est essentielle mais elle se mérite.

Jean-Pierre Benaïs

2 réflexions au sujet de « Les premiers jours d’une nouvelle présidence… et d’un nouveau gouvernement ! »

  1. Il existe en droit une règle qui est celle de la réhabilitation. Après l’exécution de la peine, on est supposé réhabilité. On ne doit plus avoir à porter son crime ou délit comme un boulet. La justice a condamné. Le sentence à été prononcée. La peine à été purgée. Fin de l’histoire. Attention à ce qu’irréprochable ne se transforme pas non plus en une négation même du droit.

    En dehors de cet remarque, bravo pour ton billet.

  2. @ Jeff

    Oui tu as raison mais personnellement ce qui me gène ce n’est pas le fait qu’il y ait eu condamnation mais juste que François Hollande avait expliqué à qui mieux mieux qu’il ne s’entourerai pas de personnes condamnées. Il a été imprudent de promettre cela.

    J’ai été un élu de la république et je n’ai jamais fait de promesse que je n’ai pu tenir. Je tenais au respect de la parole donnée. La réflexion doit précéder la parole ou l’action.

    Cela dit, merci pour le bravo ;)

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