Les dépôts bancaires dans la zone euro

Suite du billet sur les évolutions monétaires dans la zone euro. Cette série (exclusive sur le web a priori) m’a demandé un travail de romain, mais vous verrez que ses conclusions sont majeures…

Nous allons nous intéresser aujourd’hui à la situation des dépôts dans les banques de la zone euro. Nous étudierons ici la somme de l’ensemble des dépôts (à vue et à terme) des ménages et des entreprises.
Dans un premier temps, pour permettre une comparaison entre pays, nous observerons les évolutions à partir d’une base 100 au 1/1/2007.
Un premier groupe de pays a été peu influencé par la Crise :

En revanche, un second groupe a connu des évolutions plus marquées :

On observe une évolution défavorable des dépôts en Irlande et au Luxembourg depuis la fin de 2007.
Les dépôts en Italie stagnent depuis mi-2010 et les dépôts espagnols baissent depuis mi-2011 – ce qui est un très mauvais signe.
Bien évidemment, si les dépôts stagnent alors que l’activité économique n’est pas en forte récession, et bien entendu s’ils baissent, cela signifie qu’une partie de la monnaie quitte le secteur bancaire pour s’investir sur des actifs tangibles (immobilier, etc.) mais surtout qu’une partie importante d’entre eux quitte le pays…
Le meilleur exemple est bien entendu la Grèce : son secteur bancaire a fondu de 30 % en 2 ans !

On observe bien que 75 Md€ ont ainsi quitté les banques grecques – en rupture totale avec l’évolution du reste de la zone euro…
Enfin, pour disposer d’une vision plus synthétique, voici l’évolution des dépôts bancaires par pays depuis le 1/1/2007, en milliards d’euros :

On observe en synthèse que :
il y a une nette baisse des dépôts en Espagne et en Grèce, ce derniers pays étant très fortement touché proportionnellement ;
une stabilité en Italie ;
pas d’impact majeur dans les autres pays de l’EuroZone.
Je vous propose de conclure par un zoom sur la France :

On observe une forte chute lors de la Crise de 2008 ; il a fallu 4 années pour retrouver le niveau de 2007, mais une forte rechute a de nouveau eu lieu ces derniers mois. Toutefois, on ne note aucune “fuite des capitaux”
Sur du plus long terme :

On note qu’il n’y a pas eu de période de baisse des dépôts dans les 15 dernières années, mais que les mouvements sont plutôt cycliques, avec une impressionnante nette tendance à la hausse continue depuis 2005.
Nous verrons dans le prochain billet que ceci a évidemment eu un impact massif sur l’évolution de la masse monétaire grecque… Nous étudierons ensuite l’impact sur le refinancement des banques commerciales à la BCE.
NB. Merci à Charles pour son aide précieuse, sans qui cette étude n’aurait pas été possible…

Olivier Berruyer

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