Plaidoyer pour une unification des régimes sociaux français.

A l’heure de cette nouvelle campagne présidentielle, les candidats de droite comme de gauche vont nous faire part de leur projet de société pour cette France que chacun voudrait plus compétitive, plus juste et pour certains plus sociale.

La droite se veut le chantre du modèle allemand, tandis que le candidat socialiste veut une politique à destination des français et d’une plus grande justice sociale. Le candidat du MoDem, quant à lui, s’oriente vers un encouragement du produire français. La candidate d’Europe Ecologie-Les verts fait de la dénucléarisation énergétique de la France et de la préférence économique écologique une priorité. Enfin, le challenger du front de gauche souhaite quitter l’euro et s’engager dans une politique de distribution ou de redistribution d’argent que nous n’avons plus depuis bien longtemps.

Si l’on doit reconnaitre une volonté politique au président sortant, c’est celle de la réforme. Certes, elles se sont faites sans vision globale de la société française et donc apparaissent mal venues et incomplètes. Mais il a eu le courage politique de la réforme. Malheureusement, la conduite de la France sans une idée claire de la société française de demain, est une conduite hasardeuse et dangereuse. Les réformes menées demeureront incomprises, injustes et inefficaces.

Au lendemain de la prochaine élection présidentielle, il faudra que le président s’engage dans une politique volontariste pour réduire les déficits et surtout pour plus de justice sociale.

Aujourd’hui, s’il existe de nombreuses zones d’injustice sociale, il en est une qui devrait mériter une réforme : les régimes sociaux de la sécurité sociale. Quelle est ce particularisme qui voit une multitude de régimes spéciaux annexés au régime général de la sécurité sociale ?

En effet, il existe en France de nombreux régimes différents que l’on appelle les régimes spéciaux. Dès lors, comment peut-on parler d’équité alors même que les français ne bénéficient pas de la même justice sociale ? C’est un fait incontestable que les français ne n’ont pas les mêmes droits au regard de la retraite, de la protection individuelle face à la maladie.

Souvenez-vous du tollé qui a suivi l’annonce au moi s de novembre de la modification des jours de carence des indemnités journalières. Pourtant, le passage pour les fonctionnaires de 0 à 1 jour de carence et pour les salariés de 3 à 4 jours, s’il est considéré, comme la perte d’un acquis social, n’est rien en comparaison de ce qui se passe pour beaucoup d’autres français dépendants de régimes spéciaux.

En effet, connaissez-vous la durée de ces délais pour :

-       Les médecins, les auxiliaires médicaux (infirmiers, kinésithérapeutes,..), les avocats exerçant en profession libérale : 90 jours de carence!

-       Pire encore, les français non salariés agricoles ne bénéficient d’aucune indemnité journalière.

Dès lors cette modification du délai de carence est licite si elle doit permettre une refonte en  profondeur pour aboutir à l’unification de tous les régimes spéciaux en un seul.

La réforme et la refonte de tous les particularismes au sein d’un régime général de la sécurité sociale et des retraites sont pourtant une nécessité pour une véritable équité et préserver notre système qui est, nous le pensons, un des meilleurs. L’équité de notre système de sécurité social (maladie et retraite) doit être au centre des réformes que le prochain gouvernement devra engager.

Jean-Pierre Bénaïs

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