Comment je me suis fait prendre… « Générations Engagées

Comment je me suis fait prendre…

… par le discours de Sarkozy
Je suis un traître ! Le doute m’habite !
Je crois que…Oh mon Dieu ! J’ose à peine le dire tellement c’est laid, tellement c’est bas. Je crois que je commence à aimer Sarkozy.
N’y voyez pas une déclaration amoureuse, ou un quelconque penchant charnel pour l’électrifié de l’Elysée. Je veux bien sur dire par là que peut-être il aurait raison. Je m’explique, car j’en vois déjà qui s’offusque, là-bas, au fond. Non, ne niez pas, je vous ai vu !

De la poésie, merde !

L’histoire commence en un bel après-midi de Juin, le jour de la réunion du Congrès, à Versailles. Le temps est caniculaire, peu propice au travail : j’allume mon transistor. Et voilà que j’entends le président parler de sa voix de stentor. Je fus dés cet instant comme absorbé. Les mots défilaient, percutants. Et quels mots ! Au détour de ses paroles charmeuses d’ancien avocat, quelques termes se mirent à vibrer jusqu’à mes oreilles :
« (…) emprunt national(…)
(…) investissements (…)
(…) dépenses d’avenir (…) »

Ces paroles, je l’avoue honteusement, m’ont touché. En voilà une idée !
Car un emprunt national (auprès des particuliers donc) comporte des avantages non négligeables.
Non seulement il permet d’apporter des liquidités à l’état (et des intérêts en général plutôt intéressants pour les souscripteurs), mais il permet également de fédérer les préteurs et l’ensemble des citoyens autour du projet qu’il porte.
Belle manœuvre, belle idée.

Bien sur, il faut pour cela définir « dépenses d’avenir » (que l’on oppose alors aux dépenses structurelles).
Bien sur, il faut chiffrer le montant de l’emprunt (A mon sens, il ne doit pas y avoir de limite financière, mais seulement une limite de temps pour souscrire, sans quoi cette belle idée ne pourrait avoir que des effets limités. A partir de 80 milliards, cela aurait du sens).
Bien sur il faut y poser un taux (je propose : décroissant selon le revenu du souscripteur, mais néanmoins intéressant. Par exemple de 12 à 4% avec des tranches intermédiaires).
Qui plus est, il y a un défaut : cela coute plus cher que d’emprunter sur les marchés.
Le président ouvre trois mois de débats pour répondre à toutes ces questions.
Pourquoi ne pas jouer le jeu, cette fois ?
Pourquoi ne pas répondre, proposer, avancer, créer un dialogue (si tant est qu’il soit entendu, sans quoi…) ?
L’opposition est une œuvre nécessaire et fastidieuse, surtout avec Sarkozy. Elle demande de s’opposer, bien évidemment, quand le projet, la loi, le décret est injuste ou dangereux. Mais il demande aussi de proposer et de répondre aux débats ouverts
Et si, pour une fois, l’idée est bonne ?
Ainsi, peut-être devrions-nous entrer dans ce débat là…

Soyons pragmatiques, soyons politiques

J’en vois encore qui grimace… Je vous comprends, je connais vos arguments :
• Cette grande idée n’est qu’un vaste coup de publicité qui pèsera lourdement sur le déficit de l’état.
• Rappelons-nous de l’échec retentissant de l’emprunt Balladur (soutenu à l’époque par Sarkozy).
• Les français ne soutiennent que très minoritairement la chose (environ 18% aujourd’hui).

Seulement voilà, deux solutions :
Ou bien l’emprunt est une réussite. Les « dépenses d’avenir » sont clairement établies, allouées entièrement à la relance, à la ré-industrialisation massive du pays dans des secteurs porteurs, à la création de pôle industriels et de recherche, à la formation des hommes.
Si l’idée est poussé jusqu’au bout, il y a fort à parier que les français, nous, irons massivement souscrire, et que l’emprunt soit d’importance.
Si nous nous opposons sans débats, sans propositions, à l’emprunt et qu’il s’avère être une bonne chose, nous aurons loupé le coche et serons dans les choux…

Ou bien c’est effectivement un coup politique en vue des prochaines élections. Les « dépenses d’avenir » ne sont que des coquilles vides et le déficit, déjà abyssal, se creuse. Nous sommes entrés dans le débat, nous avons proposé des solutions, mais Sarkozy est resté dans sa tour d’ivoire et l’emprunt se révèle n’être rien de plus qu’un soufflet mal cuit.
Alors, nous aurons toute légitimité pour lui tomber sur le coin du râble. Car il ne serait qu’un menteur éhonté qui dépense frivolement l’argent des citoyens.

Ainsi, nous avons tout intérêt à entrer dans ce débat-là.
Et si, pour une fois, l’idée était bonne ?
Et si nous le prenions au mot ?

Alors, je vous pose humblement la question, adhérents à poil ou à plume :
Quid pour vous de cet emprunt, de son utilité, de sa portée ?
J’attends impatiemment de lire vos arguments !

Samuel ATLANI

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5 commentaires sur “Comment je me suis fait prendre…”

  1. vincent15 dit :

    Excellente idée. J’en ai parlé dans ce billet : http://www.democratiedurableblog.fr/index.php?post/2009/07/22/Investir-dans-le-developpement-durable

    En gros, je propose d’investir massivement dans les économies d’énergies pour l’état, ce qui permettrait de réduire ses coûts, et d’aider directement les entreprises du secteur, sans pour autant gaspiller cet argent pour l’état.

    Ainsi les consommateurs pourront ensuite en profiter car il y aura beaucoup plus d’offres sur le marché.

  2. Balublog dit :

    Je ne crois pas une seule seconde aux “dépenses d’avenir”. Tout passe en dépense de fonctionnement.

    Par contre, tu fais une erreur importante : “[faire un emprunt d'état] coute plus cher que d’emprunter sur les marchés.”. Ce n’est pas vrai, ou, plus précisément, cela ne va plus être vrai du tout. C’est l’un des rares points qui fasse unanimité parmi les économistes… Et c’est du coup le plus grand facteur en faveur d’un grand emprunt d’état ! (auquel je demeure néanmoins défavorable).

    J’ai aussi un article : http://www.balublog.net/index.php?option=com_content&view=article&id=78:depenses-davenir-et-bons-detat&catid=56:cfisc&Itemid=94

  3. On fait des “grands emprunts” tous les jours …

  4. shadow dit :

    A mon avis, l’argent de l’emprunt servira, entre-autre, à financer de nouvelles limousines pour les futurs secrétaires d’Etat qui vont être nommés sous peu ???
    Si ça se trouve, l’Etat obtient de longs délais de paiement vu la masse des véhicules achetés et ceux-ci ne seront payés que l’année prochaine ??
    Quand on connaît le train de vie hallucinant de l’Elysée, on peut se dire que cet emprunt va tomber à pic…

  5. Les grand Emprunts de l’Etat souscrit auprès des particuliers sont tout sauf des bonnes affaires pour les finances de l’Etat car le taux rémunérateur proposé aux particuliers est très en dessus de ceux du marché.
    Derrière cela, faut-il avoir un déclassement futur de l’Etat français dans les agences de notation.
    Après avoir créer une myriade d’impôt nouveau, sarko vaut-il nous piquer notre bas laine ? Après tout,n s’il y a a bien un domaine où les français sont les 1er, c’est l’Epargne (et le nombre de blogs !).
    D’accord avec Sekptikos: le ministère des finances tous les jours et plusieurs fois par jour de l’argent…à des taux très très bas !

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