Les quotas ? Et alors ?

La France est le grand pays des débats et de la contestation et c’est sa force. On peut avoir les plus grands débats de la planète, mais quand on en vient à parler des quotas c’est la peur qui prend le dessus et les accusations de racisme fusent de toutes parts…
L’affaire des quotas du football vient de remettre ca sur le devant de la scène médiatique et on nous ressort les mêmes images de personnes dont on envisage la discrimination qui se disent désespérées par la politique que la France leurs impose et certains droits de l’hommiste qui sortent les couteaux et empêchent le débat.
Pourquoi ? Parlons-en des quotas ! C’est un débat que l’on ne porte pas sur la place publique, ce qui permettrait à chacun de se forger sa propre opinion et de donner son point de vue, mais c’est un débat que les français ont entre eux dans leurs conversations entre amis, collègues de travail, repas de famille. C’est une erreur de croire qu’éviter le débat public élude la question.
Il est inadmissible d’entendre crier au loup dès que le sujet reviens, de plus en plus régulièrement. Parlons en une bonne fois pour nous débarrasser du sujet et décider de mettre en place des quotas ou pas.
Je suis contre les quotas ! Ils imposent une forme de différenciation des citoyens qui me semple incompatible avec l’égalité républicaine : en sport comme dans les grandes écoles c’est celui qui est le meilleur qui doit être sélectionné. Il est important de rappeler d’ailleurs que la France est aussi un grand pays de la cooptation qui établit de facto déjà certaines formes de quotas.
Mais dans la plupart des pays du monde il y a des quotas à l’immigration par exemple. Si un européen veut aller travailler aux USA et qu’il a un diplôme inférieur à un master il doit prouver que le travail qu’il veut faire ne peut pas être fait de la même façon par un américain… C’est de la discrimination, mais elle peut se comprendre et s’envisager. Notez bien que nous ne parlons pas ici de couleurs de peau ou d’origine ! Oui la discrimination existe et elle est acceptée et plébiscitée par certains pays.
Le débat sur les quotas et les formes de discrimination a été mis sur le devant de la scène médiatique, alors profitons en pour en parler ouvertement. Cela permettrait aussi aux citoyens de voir quels sont les opinions de leurs élus sur ce sujet qu’ils se gardent bien d’évoquer par frilosité pour ne pas se mouiller et s’engager dans un camp ou l’autre face à leurs électeurs.
Le non-débat a toujours été la cause de la montée des extrémismes. Si le FN fait aujourd’hui des scores important c’est aussi parce qu’ils traitent des sujets qu’aucun parti n’a le courage d’évoquer. Leurs solutions me révoltent mais au moins ils donnent aux citoyens une solution qu’aucun des partis républicains n’apporte plus… Nous voulons enrayer la montée du FN, alors mettons à plat les sujets qui fâchent et débattons-en !
Clément Le Ricousse

3 réflexions au sujet de « Les quotas ? Et alors ? »

  1. Moi, je trouve amusant de voir le principe des quotas rejetés par des politiques qui, par contre, défendent le principe de la parité en politique et des listes « chabadabada » ; et qui envisagent de mettre des quotas dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC 40.

    En fait, je crois que la question est mal posée. A mon sens, il n’y a pas un mais deux débats :

    1) d’une part, pour ou contre le PRINCIPE des quotas, c’est à dire l’idée de corriger par une action volontariste un état de fait créé par une inertie ou un mécanisme sociai jugé - à tort ou à raison - injuste ;

    2) d’autre part, l’application spécifique de cet outil que sont les quotas au cas des noirs dans les écoles de formation au foot françaises.

    Autrement dit, on condamne « les quotas » sans réfléchir plus loin que le bout de son nez ; alors que ce sur quoi il faudrait s’interroger c’est la pertinence ou la non-pertinence a) du but visé en les instaurant et b) du ou critère(s) retenu(s) pour leur application.

    C’est un peu comme si on s’effarouchait d’un impôt sur les chiens et chats en dénonçant « les impôts ».

    A partir de là, évidemment, le débat est faussé et il n’y a plus guère moyen de s’entendre…

  2. Justement, les quotas on en parle beaucoup… quand il s’agit de limiter le nombre de blancs ou d’hommes. Là on trouve ça naturel et normal.

    En revanche, quand il s’agit de limiter le nombre de noirs ou de femmes, là ça devient du racisme et de la misogynie.

    Quand Anne Lauvergeon déclare qu’elle prendra tout « sauf le mâle blanc » ça choque quelqu’un ?
    J’aimerai bien voir un patron déclarer qu’il prendra tout sauf « la femelle noire » je ne pense pas qu’on ai les mêmes réactions.

  3. @ Ben

    D’accord à 100% avec vous.

    De plus, les quotas et les règles de parité sont humiliants pour les « bénéficiaires ».

    Et si nous rétablissions la vérité selon laquelle les êtres humains sont d’une [b]différence de nature[/b] selon qu’ils sont blanc, noir ou jaune, homme ou femme ?

    Hélas, quand on commence à comparer les humains selon une différence de degré et non plus selon une différence de nature, les pires horreurs eugénistes apparaissent.

    Avec ce sujet, on touche à mes yeux une des plus sombres tendances des confusions du « progressisme ».

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