Les désabusés du pouvoir « Générations Engagées

Les désabusés du pouvoir

Autoportrait de la France

François Bayou a publié, il y a maintenant près de 10 jours, « Abus de Pouvoir ». Un portrait en creux, un projet dans l’ombre de la dénonciation d’un modèle qu’il n’accepte pas. Finalement, nous avons Bayrou, l’être et sa vision, en faux miroir de ce qu’il dénonce. Comme si l’ombre qui drape la France venait à dessiner une lumière d’espérance. Comme si les oiseaux de mauvaise augure survolant Rome faisaient briller un soleil, certes plus lointain mais qui donnerait l’envie d’aller chercher l’eldorado de notre avenir (avec les dents)…
Cet autoportrait, ce portrait de la France, il est dessiné au crayon, sec, à la jetée de quelques traits fins, sans artifices, cru. Nous sommes parfois étonnés, un peu déboussolés, l’esprit troublé. Bayrou se donne sans maquillage, sans trompe-couillons. C’est parfois un portrait impudique, parfois le projet d’une vie. Intimement liés. Il y a des livres écrits par les grands esprits l’abord facile et la complexité plus présente qu’il n’y paraît parfois. Comme l’exposé apparemment simple d’un portrait complexe, « Abus de pouvoir » nous apparaît évident avant de nous amener à la réflexion. Et une semaine après l’avoir lu, j’y réfléchis encore.
Par ailleurs, ce livre dessine, mieux qu’aucun autre, le projet Sarkozyste. Car il est dénoncé clairement : derrière un rideau de fumigène fumeux au but divertissant, il construit depuis des années déjà sa vision de la société : celles des inégalités croissantes comme moteur du progrès (?), du mouvement (désordonné).

Un journaliste d’investigation ?

Mais, avant d’y revenir, j’aimerais parler de manière un peu différente de l’affaire Tapie, de l’affaire Pérol…. Bref, toutes les affaires que François Bayrou avait dénoncées et sur lesquelles il revient dans ce livre, l’investigation ayant été approfondie. Plus que des affaires, je voudrais faire une remarque. Il est tout de même hallucinant de voir que c’est François Bayrou qui nous informe. Comme si la presse n’existait plus. Cette presse qui ne prend plus son temps. Par manque d’argent. Par hypnotisme. Les enfants, parfois terribles, adorent voir la fumée sortir des lampadaires quand les insectes, trop imprudents à tournicoter autour de la lumière, sont pris au piège et se brûlent les ailes. Cet enfant c’est Nicolas Sarkozy, ces moucherons, les médias.
Je regardais hier soir « On n’est pas couché », l’émission de Laurent Ruquier, où était invité François Bayrou. Le duo Zemmour-Naulleau remplacé par Ottenhaimer-Naulleau. Il était étonnant de voir Ghislaine Ottenheimer demander les conclusions de l’enquête de François Bayrou sur l’affaire Tapie ! Hallucinant qu’elle nous confie, l’air un peu dépité, que tout est concentré et confiné à l’Elysée, toute l’information séquestrée au palais de la rue du faubourg Saint-honoré. Impossible d’avoir des informations ! Matignon, comme une lettre morte sans lettres. Une majorité parlementaire muselée….. Le constat est lourd.
Ghislaine Ottenheimer avait l’air à moitié vaincu lorsqu’elle essayait de provoquer Bayrou ou défendre Sarkozy. Comme si elle avait cru en Sarkozy et qu’elle n’y croyait plus qu’à moitié, comme si elle n’avait pas cru Bayrou et qu’elle commençait à prendre conscience. Et finalement « Abus de pouvoir » est utile s’il fait prendre conscience de ce qui se passe.
Ce livre permet de relier les indices, de confirmer un sentiment, une intuition.


Bayrou vs Ottenheimer Naulleau 1 [itv] Ruquier 090509 Onpc
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Un passéiste nostalgique ?

Il faut avouer que j’ai parfois eu ce doute. Les gens n’allaient–ils pas croire que François Bayrou était finalement comme les autres, pour une France disparue des trente glorieuses ? Cette question a été soulevée toujours lors de l’émission de Ruquier, où le dialogue avec Bayrou était d’une grande qualité. Bayrou a pu alors s’expliquer comme il le fait dans son livre. Il ne s’agit pas de revenir, comme si avant c’était mieux, comme si ça avait été parfait, comme si le modèle français construit siècles après siècles, avait été achevé durablement. Non ! Bien sûr que non ! Notre but est de poursuivre l’accomplissement de ce modèle français. Gommer les imperfections sans les négliger, en affiner les traits, l’inventer encore, le réformer. Réformer c’est revenir à l’origine. Pas l’origine dans le temps, mais l’origine du projet.


Bayrou vs Ottenheimer Naulleau 2 [itv] Ruquier 090509 Onpc
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Demandez le programme !

À ceux qui lisent le livre en diagonal, à coups d’œil sur les têtes de chapitres, je les convie à lire : à chaque ligne, c’est un projet d’espoir qui se dessine.
« Il existe un autre chemin » est la dernière partie du livre. Comme le livre, il est à l’état brut. Des mesures fortes, simples pour rétablir les piliers d’une maison. Avez-vous besoin d’autres choses qu’une corde pour redresser une colonne ? Avez-vous besoin d’autres choses que vos bras pour construire un mur ?
Certains adorent dire : « j’attendrai le programme pour voter ». Ce n’est pas pour un programme aux mille mesures mirobolantes, aux mille mesurettes de mauvais gestionnaire, qu’on élit un homme d’état. C’est à son projet, à la vision d’un monde.

Si le JDD était un porc, il aurait la grippe mexicaine….

…Pardon grippe A, pour ne vexer personne ! Claude Askolovitch, qui, nonobstant la difficulté à prononcer son nom, porte atteinte à mon hygiène buccodentaire, est le patron du JDD, après avoir écrit au Nouvel Obs ! Le JDD que nous savons indépendant, fier de l’être. Le JDD qui informe ses lecteurs aussi bien que Closer, dans le même domaine.
Claude Askolovitch était chez Moati, sur France 5, dans l’incroyable blabla et fatiguant Riposte, salon parisien où l’on cause sur des coussinets, en porte voix d’un peuple qu’eux seuls connaissent. J’ai été très surpris, comment il défendait le bilan de Sarkozy. Il m’agaçait déjà il y a quelques années, mais il avait un culot et la plume amusants. Dans son blog du Nouvel Obs, il était parfois juste. Mais depuis, il a complètement viré.
Patron du JDD…. Je détestais le journal avant lui, je continue de le trouver aussi réjouissant qu’une bouse de vache dans un abattoir.
Je parlais du JDD et de son patron car Askolovitch a écrit un édito remarquable la semaine dernière. Quel dommage que ce ne soit qu’une ou deux fois par semaine !
Il a fait du journalisme bas de gamme et, au lieu de parler de la politique, il a parlé de la politique politicienne, celle qui n’intéresse pas les français, celle du monde parisien, celle qui fait que la presse coulera si elle continue.

Enfin, je m’arrête ici, le temps manque.

À la semaine prochaine !
Et n’oubliez pas : Révoltons nous aujourd’hui et préparons demain !

Nicolas BNicolas B.

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Un commentaire sur “Les désabusés du pouvoir”

  1. Domitille dit :

    Bravo Nicolas pour ta plume acerbe, digne d’un futur Bayrou.

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