Quand l’avenir de l’Europe se retrouve plongé dans la seconde guerre mondiale…

Je commence les première lignes d’un article intrigant de Mével, dans le Figaro :
« Vaclav Klaus est un homme seul, dont le stylo tient en otages des réformes acceptées par 500 millions d'Européens, ou leurs élus. Mais c'est aussi un fieffé tacticien, quelle que soit l'issue du bras de fer engagé avec 26 capitales sur le traité de Lisbonne. Le président tchèque, cruelle ironie, a réussi à faire d'une page sombre de l'histoire européenne l'une des clefs de l'avenir de l'UE. ».

Le passé comme clef de l’avenir. Mais, Klaus n’ai pas un ami de l’Europe, lui qui la considère un peu comme une URSS à l’occidentale. Il n’est pas là pour tenter de débloquer le futur en absolvant le passé, il n’est pas là pour raviver le sentiment européen du rassemblement, mais le sentiment des haines européennes.

Il s’agit des décrets Benes, définis par de justes termes dans wikipedia : « Les décrets Beneš, lorsqu’ils sont évoqués, le sont en premier lieu en ce qui concerne l’expropriation et l’expulsion des Allemands des Sudètes et des Hongrois de Slovaquie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. ».

En effet, l’annexion des Sudètes a été le premier acte de Hitler, approuvés par les dirigeants européens d’ailleurs. À la fin de la guerre, les tchécoslovaques ont expulsé les 2 millions d’allemands installés et confisqué leurs biens, au nom d'une responsabilité «collective» aujourd'hui réprouvée.

L’existence de ces décrets, par le biais de l’exploitation qui en est faite par les partis conservateurs de Bavière et d’Autriche, continue de polluer l’atmosphère des relations germano-tchèques. En l’état actuel des choses, ces décrets ont été maintenus par les républiques tchèques qui se sont succédées de 1945 à nos jours et intégrés.

Comme le dit Mével : « ces textes anti-allemands sont le fondement juridique de la propriété du sol sur un bon quart nord-ouest du pays. Pour se rallier l'électeur, rien de tel que de poser en défenseur des petits propriétaires. Quitte à grossir démesurément la menace de procès venus de Berlin, ou celle d'un retour en masse des ex-propriétaires allemands. ».

Et voilà que Klaus pose comme conditions à sa paraphe que «  le traité de Lisbonne ne puisse pas conduire à l'annulation des décrets Benes ».

Qu’il ait fait ça pour sauver la face ou qu’il ait fait ça par sentiment nationaliste, c’est tout simplement honteux et inacceptable.

L’Europe est faite pour se rassembler et on joue sur les divisions d’il y a 60ans…

Nicolas Bonfils.

Une réflexion au sujet de « Quand l’avenir de l’Europe se retrouve plongé dans la seconde guerre mondiale… »

  1. Klaus fait du populisme, certainement pour des raisons de politique intérieure, mais le fond de son exigence n’est pas totalement incompréhensible. Il est certain que la évocation des décrets Benes (quel que soit leur légitimité ou leur non-légitimité morale) plongerait dans le désordre une bonne part de la Tchéquie. Sa position s’apparente plutôt à celle des Irlandais posant un certain nombre d’exigences avant le vote sur le traité. Mais il est vrai qu’on peut se demander pourquoi cette question n’a pas surgi AVANT que les Tchèques ne sioent appelés à voter.

    Moi, ce qui me frappe le plus, c’est que leurs dirigeants font revoter ad nauseam les pays qui ont voté « Non », mais qu’on ne fait jamais revoter les pays qui ont voté « Oui ». J’aimerais bien que quelqu’un m’explique les fondements juridiques et moraux de ce fait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>