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Ecrit par Hakim
Bonjour Au lieu de vous occuper des vrais problemes en Algérie et laisser les gens se débrouiller pour vivre leur vie, vous semez la pgaille dans des affaires qui ne nous regarde ni de pres ni de lo...

Ecrit par Nicolas_Vinci
Merci beaucoup Nicole! Amitiés, Nicolas

Ecrit par nicole Bétrencourt
Sujet excessivement ardu mais traité avec beaucoup de réflexion et de brio. Chapeau l'artiste ! Bravo Nicolas. On en redemande des articles comme celui ci. Pensées chaleureuses. NBT

Ecrit par Ben
J'ai simplement développé ce que je dis depuis toujours. Il s'agit donc bien de critiquer l'Islam pour ses mauvais apports en idéologie politique. Vous rechignez à le faire, je ne sais pour quelle...

Ecrit par Ch. Romain
@ Ben Eh bien, vous voyez que vous faites un petit effort, vous comprenez très bien !



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La masterisation du recrutement des enseignants ou l’art du « Il n'y aura pas de négociation jeune Jedi. Je vais avoir le plaisir de te voir mourir ! »
Catégorie(s) : Politique Société

Les récents articles de chroniqueurs ou de journalistes parus sur le net  portant sur l’enseignement sont étonnants de violence.


D’abord, ils confirment fortement de la propension de certains citoyens à penser détenir une vérité en la matière alors qu’ils ne sont peut-être jamais entrés dans une classe. Je rejoins donc le propos de Luc Châtel ici lorsqu’il dit que la difficulté de gouvernance de l’éducation nationale vient du fait qu’ « il y a 60 millions de ministres de l’éducation nationale et que chacun a un avis sur le système éducatif, chacun pense à ses enfants, se projette et s’approprie ces questions. »


Fait-on en effet des articles pour expliquer à un plombier comment changer un robinet ou à un DRH comment il doit gérer son personnel ? Ils sont nombreux par contre, parmi les parents d’élèves comme parmi les pseudo-penseurs de notre temps, ceux qui ont des leçons à donner aux profs, qui leur expliquent comment faire et qui se désolent surtout de leur incompétence.


Paul Villach sur Agoravox le 10 décembre signifie à la jeune professeur remplaçante et « démissionnaire » dont une chronique terrifiante avait été publiée dans le Monde que « c’est aux professeurs de décider d’être des professeurs et non des larbins. » (sic)


Philippe Bilger, quant à lui, dans une note de son blog reprise par le site Marianne 2 s’étonne que soient organisés des stages de formation à l’autorité pour les enseignants fragiles puisqu’il estime crument qu’  « il n’y a pas de rattrapage possible pour la personne qui manque d’autorité quand cette vertu est au cœur du service public qu’elle doit assurer. »


Ces deux chroniques sont violentes parce qu’elles stigmatisent l’incompétence tout en refusant d’en discerner les facteurs réels, mais surtout parce qu’elles se réfèrent à une idéologie qui est dans une très grande cohérence avec les réformes actuelles de l’Education Nationale : celle du caractère inné de l’autorité et partant, du métier d’enseignant.


La fameuse « masterisation » est l’emblème de cette régression considérable qui consiste à effacer d’une loi toutes les réflexions menées sur la pédagogie et la didactique disciplinaire au siècle dernier. Certaines de ces réflexions peuvent sans doute prêter à controverse et on sait bien les reproches adressés à la pensée de Meirieu , nommée « pédagogisme » par ceux qui veulent la caricaturer. Il n’en reste pas moins que la réforme du concours et de la formation des enseignants s’appuie bien sur l’idée que pour enseigner, un master et un stage de 108 heures en responsabilité rémunéré 3000 euros suffisent parce que « prof, on l’est ou on ne l’est pas », autrement dit, seuls ceux qui sont assez forts survivront.


En effet,  alors que le quotas d’heures de formation pour un enseignant stagiaire est aujourd’hui de 690 heures sans compter le stage en responsabilité de 6 à 8 heures d’enseignement par semaine, un étudiant en master de lettres par exemple recevra demain 340 heures de cours dans lesquelles devront tenir les heures de formation liées à la discipline des lettres, la formation professionnalisante théorique, le stage pratique et la rédaction du mémoire.


A l’issue de cette année de formation, il sera catapulté devant des classes à temps complet, assisté par un tuteur d’établissement, lui-même en poste. Et on demandera alors sans doute à Paul Villach ou à Philippe Bilger de venir compter les points… puisqu’ils estiment si fort que l’autorité ne s’apprend pas!


Je ne pourrais expliquer en détail mon propre parcours d’enseignante mais ma pratique me permet aujourd’hui de pouvoir délivrer deux messages forts en totale contradiction avec les propos cités ci-dessus :


1-    La pédagogie est une discipline pratique qui s’acquiert, elle suppose la maîtrise de gestes pédagogiques précis que je n’ai jamais appris à l’IUFM, hélas, en formation initiale, mais tout récemment lorsque je me suis formée à l’enseignement spécialisé. La pédagogie est une clé de maîtrise de l’autorité car elle centre le travail de l’enseignant sur sa pratique et non sur sa propre personne, ses qualités et ses défauts. « Si je n’y arrive pas, c’est parce que je ne maîtrise pas l’outil et non parce que je suis nul. » Elle est le remède au découragement et elle rend l’enseignant militant. On peut progresser en pédagogie comme on peut progresser en science ou en littérature… Et la maîtrise pédagogique rend possible un haut niveau d’exigence disciplinaire, en clair, plus on est pédagogue et plus on peut transmettre des choses compliquées.


2-    La saine autorité n’est pas un matraquage. Exercer la terreur dans une classe peut garantir, parfois, le silence, mais ne permet pas de construire une relation pédagogique propice à l’activité de TOUS les élèves. L’Education Nationale reste un endroit où se construit une certaine idée du vivre-ensemble fondée sur la coopération et où l’on dispense des outils de connaissance qui permettent de forger un esprit critique. Force n’est pas puissance en pédagogie. Force n’est pas puissance en humanisme non plus. « Si je n’y arrive pas, je dois m’interdire d’en faire porter la responsabilité aux élèves et constamment chercher d’autres chemins. » (tout en sanctionnant les conduites qui doivent l’être mais elles ne sont jamais en relation avec mon enseignement ; la vertu du bon prof est aussi de bien distinguer les niveaux de communication qui s’entremêlent dans la relation pédagogique)


Alors quand on m’explique aujourd’hui que mes jeunes collègues seront encore moins préparés que moi à assumer cet échange compliqué, à gérer la violence qui parfois rend violent, à enseigner ce qui doit l’être pour former des cerveaux actifs et libres… Je m’insurge, évidemment.


On reprochait aux IUFM de dispenser une formation trop théorique et, au final, inefficace, aux stagiaires, et j’en ai fait moi-même les frais dans mes premières années d’enseignement. Et au lieu de corriger ces lacunes, on rend à l’Université la formation des maîtres pour laquelle elle ne dispose pas elle-même de formateurs.


Quelles sont les perspectives qui se dessinent à travers cette réforme destinée à économiser des moyens autant qu’à prolonger un processus inavoué mais lisible à travers les réformes qui s’échelonnent depuis deux ans  de la suppression des RASED à celle de l’Histoire-Géographie en Terminale ? Ceux qui le disent ont du mal à être pris au sérieux, tant cela sent la vieille rengaine syndicale de gauche de laquelle la profession s’est nettement désolidarisée ces dernières années. Au passage, le manque total de réflexion et de réaction aux réformes en salle des profs est pour moi un sujet de révolte plus lourd encore que les réformes elles-mêmes. Mes collègues sont anesthésiés par cette façon de réformer sans dire où l’on va… Et quoiqu’on dise et quoiqu’on raille, nous sommes débordés de boulot à cause des nombreuses missions annexes qu’on nous ajoute d’année en année : l’orientation, l’accompagnement éducatif, les PPRE (projets personnalisés de réussite éducative), j’en passe et des meilleures.


Où va-t-on ? Vers une éducation de moins bonne qualité, où l’enseignement ne sera plus la priorité et on pourra gérer le personnel en fonction de règles beaucoup plus souples afin de mettre un adulte devant chaque classe, quelles que soient les conditions de son activité et sa formation. Vers une école à deux vitesses où ceux qui ont les moyens de payer pourront extraire de ce milieu violent et peu propice à l’épanouissement, leurs enfants en danger pour les placer dans des institutions privées où ils seront correctement formés. Quant aux autres…


Pensez-vous donc encore que comme notre bon président l’affirmait à Rome le 20 décembre 2007, nous ne pourrons « jamais remplacer le pasteur, ni le prêtre » car il nous manque « la radicalité du sacrifice de [notre] vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance » ? A lire ce qui précède ainsi que toutes les critiques dont notre profession est l’objet ici ou là, mes jeunes collègues passeront bientôt l’étape de l’ordination et leurs élèves pourront dès l’an prochain leur ouvrir des procès en béatification.


Si la feuille de route de Luc Châtel comportait comme mission principale leur propre sanctification, afin qu’à force de larmes et d’opprobes frappant leur impéritie, ils se hissent au rang de pasteurs, et bien, force est de reconnaître que le projet est en passe d’aboutir et que les brebis seront à peu près gardées, certes, (c'est-à-dire circonscrites dans le cadre d’une classe au lieu de brûler des poubelles dans les quartiers) mais peu enseignées, et donc assez promptes à se laisser immoler sur les autels du marché.


Cela dit, un excès d’exigence et la contrainte du sacrifice n’accélèrent pas toujours la sainteté, loin s’en faut et nous rappellerons à Luke Châtel, le bien nommé, ses classiques : « Souviens-toi, la puissance d'un Jedi provient de la Force. Mais prends garde à la colère, la peur, l'agression... Elles forment le côté obscur. Une fois que tu t'engages sur le chemin du côté obscur, à jamais il dominera ton destin... Luke... »


Marie-Pierre B.

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Rédigée par Marie-Pierre B. - 14.01.2010 - 14:30
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#2 Ecrit par Ben le 17.01.2010 - 00:30 quote
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La masterisation de l'agreg handicape énormément les Écoles Normales Supérieures et rend non viable leurs prépa-agreg.
Si les ENS arrêtent de préparer l'agreg, il va s'en suivre une baisse du niveau et du nombre de candidats.

Étrange que le gouvernement persiste dans cette voie

 
 
#1 Ecrit par luciolebrune le 16.01.2010 - 08:18 quote
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Bonjour Marie-Pierre,

J'ai appris par ton statut qui présentait cet article les nouvelles dispositions en ce qui concerne la masterisation. Tu penses bien que j'en reste "sur les fesses". C'est de pire en pire.

Il ne m'étonne pas que la pédagogie ne t'ait été enseignée que lors de tes études de spécialisation, d'ailleurs le terme professionnel de l'enseignant spécialisé est "orthopédagogue", non ?
Des méthodes pédagogiques étant souvent utilisées lors de l'enseignement destiné à des enfants atteints de handicap.

Mais tout est question d'appropriation et d'adaptation, dans le conflit auquel tu fais allusion entre pédagogistes et fondamentalistes, (qui m'étonne toujours dans l'éducation française, chez nous, en Belgique, les 2 méthodes sont complémentaires, en gros : les objectifs fondamentaux à atteindre sont fixés dès le départ, le fond, les méthodes pédagogiques sont utilisés comme des outils : la forme).

L'établissement a son projet pédagogique, le professeur se l'approprie, et chaque élève aussi.

Pour mon fils, atteint de syndrome d'Asperger, en ce qui concerne le pur travail scolaire, il a besoin d'encadrement, de notes, de repères très stricts : c'est donc la méthode classique qui est utilisée (à "l'ancienne", car il y a du relâchement dès qu'on est plus "cool" avec lui). Par contre, en ce qui concerne ses relations sociales, là nous devons adapter avec ce qu'on connaît de ce syndrome apparenté à l'autisme de haut niveau.

à bientôt j'espère,
Isabelle

 
 
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