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Ecrit par Mapie
Il est intéressant ce de point de vue de constater l'évolution du discours de F. Bayrou en ce qui concerne le positionnement. Dans Du Centre au Projet démocrate (été 2007), le problème posé était de p...

Ecrit par juste milieu
MIP , tu es effectivement angélique sur Georges Sarre , ancien maire du XIè, que je connais bien et qui donne fréquemment dans la surenchère sécuritaire. Le qualifier de gauche c'est historiquement v...

Ecrit par MIP
Merci Mohamed. GE continuera à mettre le paquet sur ce thème et sur d'autres, trop peu abordés par les partis politiques classiques !

Ecrit par Mohamed
Bien vu MIP, pour cette "vigilance orange"... J'espère que vous vous déciderez enfin à mettre le paquet sur ce thème, chez les jeunes notamment.

Ecrit par shadow
En fait, c'est nous, les pigeons de l'histoire, qui allons remplacer cette taxe professionnelle au travers de la taxe carbone qui va toucher gravement les Français dans leur vie quotidienne, enfin, je...



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Dépolitisation et politique des experts
Catégorie(s) : Politique
La politique aujourd’hui se réduit à trouver des solutions à des questions d’ordre technique ? Depuis la fin du XIXème siècle, l’Etat recherche la stabilité et la croissance du système économique et tente d’éliminer les dysfonctionnements du système de libre circulation des échanges.
Tout se passe comme si la rationalité scientifique et technique s’était étendue à l’ensemble de la vie sociale, puis politique. La mise en retrait du débat politique au profit du traitement technique des dossiers provoque une désinformation civique des citoyens et leur éloignement du champ politique.

La politique n’a plus de fins, plus d’horizons traduisible en terme de relations qu’il faudrait établir ou rétablir entre les êtres humains. L’action de l’Etat se limite à des tâches techniques solubles de façon administrative.
Dès qu’un ou une politique exprime un système de valeurs, le monde entier se précipite pour lui demander son programme technique de guidage du système économique ou social !

En réalité, cette technicisation des problèmes politiques accélère la dépolitisation de la grande masse de la population. Les dossiers et langages techniques échappent à l’entendement de la plupart des citoyens, de bien des députés … et parfois même, de ministres ! De la même façon, le droit et son application de plus en plus complexes, exigent le déchiffrage et le traitement d’un expert : le juriste technicien. On en oublierait presque la notion de justice. Le plus grand nombre pense aujourd’hui que la croissance économique et, de fait, le système social, dépendent des progrès scientifiques et techniques. Cette dynamique du progrès oblige l’Etat à se conformer à une politique fonctionnelle. Pourtant, nous réalisons que ces équilibres dépendent des matières premières, des sources d’énergie.

Le résultat de ce processus de dépolitisation ? Une disqualification de tout processus de formation démocratique de la volonté politique et la montée en puissance d’une élite : les experts techniques.
Donc, le discours politique sous forme de projet s’est effacé devant le discours technique qui échappe souvent à toute discussion publique.

La science s’affirme donc comme un outil de légitimation du pouvoir politique aussi importante que le vote. En bon gestionnaire, on s’entoure pour gouverner d’économistes auréolés de l’aura des sciences et techniques. Mais ce mouvement s’accompagne d’une délégitimation du législatif. La légitimité de ce dernier repose sur la représentativité par rapport à l’exécutif, lequel pense fonder la sienne sur la compétence, l’expertise … Kafkaïen !

Dès lors, comme le pressentait J. Habermas *, trois modes décisionnels sont possibles :

- Soit, le politique prend connaissance des faits, des données, puis décide. Mais sa décision relève de l’arbitraire puisque ses critères reposent sur des valeurs qui ne se prouvent pas scientifiquement.

- Soit, les informations des spécialistes suffisent pour opérer des choix politiques à la rationalité strictement technique ! Le politique disparaît du champ de l’action politique.

- Soit, on établit que les données des experts ne suffisent pas au choix et que la rationalité politique réside dans le croisement des informations techniques avec le débat démocratique. Avec toute ce que cela comporte de pédagogie ou de propagande … Malgré tout, c’est le processus le plus compatible avec la démocratie.

Nous, Mouvement Démocrate, souhaitons placer les valeurs humanistes au centre de la société. Nous avons senti que cette déshumanisation du politique débouchait sur des dysfonctionnements d’ordre moral ou éthique. Nous avons constaté qu’elle détournait les citoyens de l’agora politique. Il n’est donc pas étonnant que nous nous heurtions à de telles résistances ! Résistons, nous mêmes et armons nous de courage pour travailler sur les nouvelles formes de dialogue avec la population et ses relais. Celles qui permettraient à l’Etat de prendre des décisions équilibrées, de mettre en œuvre un projet global qui associe les valeurs universelles aux éléments techniques de gestion attachés à nos sociétés modernes.

Anne Lacaille

* Philosophe et sociologue Allemand né en 1929
Liens: n/a
Rédigée par - 21.08.2009 - 07:30
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#7 Ecrit par florent le 23.08.2009 - 02:08 quote
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Un article fort intéressant en effet.

Inutile de trancher entre les trois modes décisionnels, cela dépend des sujets... dans certains cas d'ailleurs le premier et le second se confondent.

On ne peut pas toujours s'abstraire des éléments techniques et parfois ils commandent le choix, ou plutôt y mènent directement ; mais ils ne sont pas contraignants en eux-mêmes et il reste toujours la possibilité de prendre une décision contraire ou partiellement différente, à condition d'en assumer les conséquences... (la fameuse responsabilité du politique...)

Dans d'autres situations par contre le choix relève clairement de valeurs et ne dépend aucunement de critères scientifiques, c'est particulièrement le cas en économie (qui n'a rien d'une science, nonobstant l'aura dont ses "spécialistes" se parent).

Dans tous les cas, il importe que le citoyen ait tous les éléments pour comprendre et choisir (quand bien même sa position n'aurait aucun impact sur la prise de décision réelle, qu'elle appartienne aux élus ou à d'autres) ; cela requiert qu'un certain nombre de conditions soient remplies, comme une formation initiale performante (efforts à faire du côté de l'EN) et une (in)formation continue digne de ce nom (efforts à faire du côté des médias, entre autres).

Ces considérations sont à rapprocher de récentes réflexions sur la démocratie participative que vous trouverez sur le blog du Crapaud (cf. blogoliste sur le côté).

Je plaide pour une forme permanente (au moins annuelle) et multiple (au moins dans les plus grandes villes du pays, sur plusieurs sujets) de ce qui avait été testé pour les OGM il y a une dizaine d'années sous le nom de "conférence de citoyens".

Car comme le dit H. Arendt, "la liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie" (dans sa qualité comme dans son exhaustivité).

 
 
#6 Ecrit par Domitille le 22.08.2009 - 09:34 quote
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Félicitations Anne !

 
 
#5 Ecrit par Mapie le 21.08.2009 - 22:01 quote
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J'aime bien aussi.
Le problème de la technicité démotivante touche ce domaine et bien d'autres encore... les questions scientifiques notamment sont anxiogènes pour nos contemporains (catégorie à laquelle j'appartiens;-))...
La solution est à chercher du côté d'une formation intellectuelle et éthique qui permettrait d'appréhender le réel avec davantage de confiance et de repères: au coeur du projet démocratique, il y a le postulat que la conscience prime la compétence...
En dernière analyse, c'est une révolution d'ordre cognitif qui est à mener: Qu'est-ce que connaître? Tout maîtriser ou s'exercer à savoir? Quelles seraient les bases d'une théorie de la connaissance qui permette l'épanouissement et l'engagement du citoyen et lutte contre cette passivité et ce manque d'initiative né du sentiment d'être dépassé?...
Il ya beaucoup à chercher de ce côté et comme le MoDem, l'Education Nationale ne pourra guère longtemps encore faire l'économie d'une réflexion sur ces thèmes ;-)

 
 
#4 Ecrit par virginiev le 21.08.2009 - 12:22 quote
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@GuillaumeD : entièrement d'accord je t'embrasse nini

 
 
#3 Ecrit par GuillaumeD le 21.08.2009 - 12:10 quote
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Un très grand bravo pour cet article, qui est plus qu'un texte! C'est un constat qui ne peut pas ne pas servir de base à un projet politique démocrate.

Nous avons un congrès programmatique prévu à l'automne? Si d'ici là, nos objectifs à long terme ne prennent pas en compte ce qui est démontré ici, je ne donne pas cher du Mouvement Démocrate à l'avenir.

 
 
#2 Ecrit par virginiev le 21.08.2009 - 09:57 quote
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@Anne : bravo pour ce texte de très grande qualité, merci beaucoup, je t'embrasse, virginie
@Christian : c'est marrant, j'ai pensé la même chose, à très vite, bises, virginie

 
 
#1 Ecrit par Ch. Romain le 21.08.2009 - 07:53 quote
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Intéressant : ce texte est publié juste alors que je viens d'adresser à GE une interview sur la question d'un essayiste de... 1966. Et bravo pour la qualité de ce texte.

Le problème de fond, me semble-t-il, est celui du but. Quelle société voulons-nous, avec quelle place pour l'homme ? Car l'action des experts et des techniciens ne répond qu'à un "comment ?" ; et ce "comment ?" suppose implicitement que l'on ait d'abord décidé d'un "quoi ?" ou d'un "vers où ?".

il y a aujourd'hui dans la classe politique française (voire occidentale) un consensus pour rechercher l'optimisation en termes de croissance, c'est à dire de production industrielle et d'échanges commerciaux, lesquels génèrent investissements et emplois. C'est une mécanique qui a fait ses preuves pendant un demi-siècle, mais qui d'une part semble atteindre aujourd'hui ses limites et d'autre part ne semble pas produire un bonheur et une joie de vivre exceptionnels (ne confondons pas bonheur et qualité de vie ou confort : je suis le premier à apprécier le confort que nous a apporté la société industrielle !).

Parallèlement, nous avons sous les yeux avec les théocraties musulmanes un exemple de pays où la finalité politique première n'est pas le développement économique mais la réalisation sur Terre d'un ordre supposé divin. On peut en penser ce que l'on veut et il est certain que le bonheur n'y est pas non plus au rendez-vous, mais cela montre au moins que le consensus occidental autour des valeurs économiques n'est pas universel.

J'ai l'impression que la première chose à faire serait de définir le modèle de société que nous souhaitons. Pour cela, il faudrait commencer par regarder ce qui, chez nous, "ne va pas" du point de vue aussi bien moral que pratique. Avec cette difficulté que tout jugement moral risque d'être fortement entaché d'arbitraire et de subjectivité. D'où précisément la nécessité du recours à la démocratie pour tenter de ses mettre d'accord sur le diagnostic.

En ce qui concerne le modèle de société et la réflexion sur "ce qui cloche", je renvoie volontiers au texte de Chesterton que j'avais posté sur ce blog voilà deux mois et quelques. De mon point de vue, on n'a jamais mieux défini ce que pourrait être l'humanisme politique.

 
 
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