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Ecrit par Mapie
Il est intéressant ce de point de vue de constater l'évolution du discours de F. Bayrou en ce qui concerne le positionnement. Dans Du Centre au Projet démocrate (été 2007), le problème posé était de p...

Ecrit par juste milieu
MIP , tu es effectivement angélique sur Georges Sarre , ancien maire du XIè, que je connais bien et qui donne fréquemment dans la surenchère sécuritaire. Le qualifier de gauche c'est historiquement v...

Ecrit par MIP
Merci Mohamed. GE continuera à mettre le paquet sur ce thème et sur d'autres, trop peu abordés par les partis politiques classiques !

Ecrit par Mohamed
Bien vu MIP, pour cette "vigilance orange"... J'espère que vous vous déciderez enfin à mettre le paquet sur ce thème, chez les jeunes notamment.

Ecrit par shadow
En fait, c'est nous, les pigeons de l'histoire, qui allons remplacer cette taxe professionnelle au travers de la taxe carbone qui va toucher gravement les Français dans leur vie quotidienne, enfin, je...



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Les Dépanneurs : fable à l’intention de tous ceux qui n’attendent plus de mener la révolution
Catégorie(s) : Société


Mois d’août 2009. Plage bretonne. Odeurs d’algues. Bruit des vagues…Sur le sable, la marée montante fait des ravages : les châteaux, simples forteresses ou architectures complexes sont menacés de destruction imminente. La résistance s’organise ! Une troupe d’enfants munis de seaux et de planches en prend l’initiative : emplissant leurs seaux, couvrant à la main leurs planches d’un monticule de sable, ils s’autoproclament : « dépanneurs » et arpentent la plage suivis de leurs charrettes improvisées à la recherche de citadelles en détresse. « Bonjour, nous sommes les dépanneurs. Est-ce qu’on peut vous aider à sauver votre château ? » Sous le regard amusé des parents qui s’activent eux aussi parfois pour consolider les parois du fortin avant que la mer ne l’atteigne, la troupe se met au travail et par poignées, vide seaux et planches sur les murailles percées… La ruine a été retardée pour les trois premiers édifices, ils sont arrivés trop tard au quatrième. Inexorablement, la mer montante a réduit au néant les efforts terrassiers des dépanneurs.



Ce qui n’aura pas été perdu pour moi en tout cas, ce sont les « Au revoir les dépanneurs et merci de votre aide ! » qui ont retenti d’un groupe de vacanciers à l’autre, c’est l’accueil étonné et chaleureux qu’ils ont réservé à ces enfants exubérants, c’est le culot et l’initiative de ces derniers que la peur de l’autre ne semble pas encore avoir privés de leur spontanéité généreuse (dont on aimerait qu’elle se généralise à toutes les situations de la vie familiale d’ailleurs, mais il est vrai que je n’ai moi-même ni la bonté, ni la patience de Caroline Ingalls !).



Les dépanneurs, ouvriers paradoxaux ! qui bâtissent des ponts en reconstruisant des murs… Transmetteurs du jeu gratuit qui enrichit, Pédagogues de la relation désintéressée, Magiciens du lien social… J’aurais dû leur dire que ça ne se faisait pas de déranger comme ça les gens en vacances… J’aurais dû leur dire de se méfier, qu’ils allaient peut-être tomber sur des méchants, des râleurs, des pervers… J’aurais dû m’immiscer, les empêcher, les protéger… Au lieu de ça, je suis restée au loin à les regarder faire, un sourire un peu idiot aux lèvres, émerveillée de cette capacité incroyable qu’ont les gens à entrer en relation si on les y invite, à se prendre au jeu. Je me serais bien vu après ça ouvrir ma glacière et offrir l’apéro à tous ces « dépannés » déjà rendus disponibles à l’invitation de l’autre. Mais je n’avais pas de glacière. Et je n’avais pas non plus le violon de Charles Ingalls sous la main. Alors je me suis contentée de méditer le sens de cet événement quotidien en le transposant à d’autres échelons de la vie sociale où tant de « dépanneurs » font déjà leur office : ceux qui s’associent pour créer des occasions de partager leurs pelles et leurs seaux, ceux qui sollicitent des autres une place sur leur carré de sable, ceux qui décoincent des sourires en proposant leurs services de marchands de sable… Artistes, travailleurs sociaux, personnels soignants, sportifs, humanitaires, tous, nous, chacun…



… à chaque fois que nous laissons affleurer notre capacité d’enfance, notre « violence d’étonnement » aurait dit Emmanuel Mounier que j’avais emporté dans mon sac de plage en lieu et place de glacière ! Refaire la Renaissance, recueil d’articles publiés entre 1932 et 1935, définit les grandes lignes de la philosophie personnaliste et donne des pistes d’application politique de ses principes. Il ne s’agit de rien de moins selon lui que d’engager la révolution personnaliste et communautaire qu’ont manquée les XVIème et XVIIIème siècles. L’avant-propos de ce livre a pour titre « Plaidoyer pour l’enfance d’un siècle » et contient un certain nombre de phrases qui pourraient figurer « en frontispice » ou en bannière de ce site… Mounier y replace historiquement le sens de sa lutte : ceux des années 20 ont pris des vacances et restauré un ordre mort pour oublier la guerre, laissant à ceux des années 30 dont fait partie l’auteur, le devoir de s’engager pour reconstruire : « Succédant à une génération enivrée de rêves d’évasion sensible, de complaisances psychologiques, nous voici brusquement voués, en même temps, dans un même mouvement, à la méditation et à l’action, plus recueillis, plus engagés. »« Je ne plaide pas ici notre jeunesse. Je plaide la jeunesse, non pas celle qui détermine l’âge de la chair, mais celle qui triomphe de la mort des habitudes, et à laquelle il arrive qu’on atteigne que lentement, avec les ans. [...] Laissez lui quelques temps cette ingénuité d’expérience, cette violence d’étonnement, et la grandeur de cette première mesure. Et ne lui faites pas des leçons d’histoire, des généalogies. Elle découvre la lune ? Eh oui ! Parce que vous ne la voyez plus. Heureux qui chaque soir découvre le dialogue de la lune et des toits des hommes, et ne l’oublie pas parmi les lampions de la ville. »



Heureux qui, un été, découvre le pouvoir du château de sable, bâti éphémère que la mer chavire, objet d’entraide et de rencontre, et ne l’oublie pas sur le bitume impassible de la ville… C’est une métaphore, celle du lien social qui engage la responsabilité de tous ceux qui se battent contre l’individualisme, contre l’acceptation passive du « désordre établi », contre le désespoir de la solitude des temps modernes. N’accusons pas les autres, ni les idéologies, ni même le déclin lié au temps qui passe ! Car ces fléaux prennent leur source en nous-mêmes puis submergent la collectivité comme une marée. Telle est la révolution que nous devons mener : elle jaillit de notre fors intérieur et s’oriente vers la communauté, à l’horizon de la démocratie. Nous pouvons donc conclure avec Mounier que « nous partons sur un chemin où nous savons que jamais nous ne serons désoeuvrés, jamais désespérés : notre œuvre est par-delà le succès, notre espérance par-delà les espoirs. »



Marie-Pierre B.


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Rédigée par - 30.08.2009 - 13:30
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