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Ecrit par Sylvain JUTTEAU
La charia en Lybie est désormais envisagée officiellement comme la première source de la législation. Voilà la version française du projet publié par le Conseil National de Transition de Lybie : [...

Ecrit par Ch. Romain
Superbe billet, plein de bon sens, de nuance et d'équilibre. Bravo !

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
[quote=republica]Peut-on vraiment décrire tous les cas de détresse en deux alinea ? Prend-on vraiment une décision d'avortement comme une décision de suivre un régime ? N'en reste-t-il pas toujours qu...

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
@ Jean Pierre Benais Merci pour ce texte ! Je vous propose aussi d'intégrer dans ce bilan le fait que la modification de TVA est un changement des règles du jeu, ce qui perturbe les prévisions....

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
@Christian Romain Oui, oui, c'est tout à fait vrai. On peut déduire des chiffres qu'il présente qu'il voulait parler de "service de la dette", et non pas de "charge de la dette". Je me range à votr...



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Un peu d’étymologie européenne
Catégorie(s) : Europe Politique

Aujourd'hui, c'était la fête de l'Europe et le ministre des Affaires étrangères et européennes en a mal parlé... Tout riquiqui ici et pas du tout ... On attendait du souffle, des pistes de projet, des propositions ambitieuses pour relancer la confiance en l'Europe des citoyens français.


Economie : Oikos - Nomos


L'Europe s'est construite sur l'intuition géniale que la mise en commun des ressources et l'élaboration d'un marché commun rendraient impossible les guerres fratricides et meurtrières des siècles passés. Et ça marche ! Enfin, ça a marché jusqu'à aujourd'hui...


Mais voilà, l'Europe souffre des mêmes maux que toutes nos institutions détachées des citoyens, et elle cumule d'autres inconvénients : celui de servir de bouc-émissaire régulier pour justifier des politiques nationales rigoureuses ; celui de n'avoir pas, comme nos vieilles assemblées, une histoire longue et respectable ; celui enfin, d'être trop économique et donc, compromise par l'effroyable crise économique et financière que nous traversons...


On s'étonne véritablement que le ministre aille aujourd'hui rencontrer les citoyens pour recueillir le pouls de l'Europe alors qu'on sait que par ailleurs, les tentations nationalistes et la perte de confiance dans la monnaie unique croissent dans les opinions publiques, sur lesquelles plane le spectre de l'endettement contagieux des pays les plus fragiles de l'Union. L'impuissance européenne des dernières semaines sur la question migratoire vient assombrir encore le tableau général...


S'il ne parvient pas lui-même à les rassurer, le ministre se rassure : les français (enfin, ceux qu'il a rencontrés...) aiment l'Europe ! Ouf !


La vérité, c'est peut-être que l'Europe économique, telle qu'elle a été conçue par ses fondateurs, une bonne chose en soi, était encore rivée au pré carré des Etats. La mise en commun des ressources avait aussi pour objectif en 50 d'accélérer la reconstruction des pays signataires et on espérait bien que les accords de libre-échange, s'ils réduisaient la souveraineté nationale, apporteraient un bénéfice certain aux économies nationales.


La vérité, c'est peut-être aussi que l'Europe, actuelle banquière des pays en faillite, est confondue avec un modèle économique qui craque de toutes parts. Elle s'est construite sur l'idéal contextuel d'une croissance infinie et de ressources naturelles inépuisables. Elle s'est érigée, faut-il le rappeler, sur le charbon et l'acier ! Tache de naissance hautement symbolique ! Et elle baigne dans la crise qui laisse sur le bord du chemin tant d'"assistés" (sic.) bénéficiant de quantités d'aides sociales...


Aujourd'hui, elle en est réduite petitement à colmater les brèches, alors qu'elle porte toujours les espoirs de nombreux citoyens convaincus par les discours politiques de ceux qui clament qu'on ne pourra pas se sauver sans elle.


Alors, il faut à ce stade dénoncer l'hypocrisie du ministre qui, au lieu de défendre et de porter le projet européen, stigmatise les bannis de la croissance, ces assistés économiques, que le politique, par sa pusillanimité et son manque de clairvoyance contribue à laisser prospérer sur les ruines d'un modèle économique moribond.


Ecologie : Oikos-Logos


« Si l'Europe économique a permis que les Etats qui la constituent voient considérablement diminuer les pertes humaines liées à la guerre, l'Europe que nous bâtirons demain permettra de réduire tout aussi considérablement les victimes de la compétition effrénée du capitalisme.


L'Europe écologique que nous bâtirons demain rendra impossibles les crises économiques. Elle adoptera un mode de développement soutenable, fondé sur la coopération des Etats pour la préservation des ressources, la diminution du réchauffement climatique, la promotion et le soutien d'un autre modèle de production et de consommation, la lutte contre les dérives financières, une répartition équitable des richesses en interne, et de part et d'autre de ses frontières, un accueil raisonné et généreux des populations immigrées... » Voilà ce que le ministre aurait pu dire aujourd'hui pour tracer des perspectives à l'Europe !


« Au final, ce qu'il faut à l'Europe pour qu'elle retrouve l'énergie de sa fondation, c'est accomplir sa mutation, c'est passer de l'éco-nomie à l'éco-logie, du nomos (territoire limité, vient de nemein qui signifie diviser, découper) au logos (raison et discours commun, vient de legein qui signifie parler mais aussi relier). Parler d'Europe, parler entre Européen, bâtir par la parole les règles qui organisent le monde juste que nous voulons pour demain, fédérer, venir se relier sous la raison commune... »


Voilà ce que le ministre aurait pu dire, s'il n'était pas dépendant (esclave assisté) d'un modèle en ruines. Et il aurait pu conclure que cette transition nécessaire était la seule à même non seulement de rendre la confiance dans une Europe ambitieuse dans sa vision, de la placer aux premières lignes de l'impulsion d'un monde qui se construit, mais de nous rattacher tous, européens, à notre oikos (maison en grec) à la fois lieu de production et espace familial partagé. Qu'est-ce qui peut mieux nous fonder comme famille, en effet, que la conscience d'avoir triomphé du pire pour construire ensemble les prémices d'un monde à venir ?


Alors, M. Wauquiez, vous vous entendez les prononcer, les mots de l'envoi ? "Il n'est plus question de vaines paroles, mais d'un acte, d'un acte hardi, d'un acte constructif. La France a agi et les conséquences de son action peuvent être immenses.


Nous espérons qu'elles le seront."(R.Schuman, 9 mai 1950)


Ca a quand même un peu plus d'envergure que vos déclarations du jour, avouez quand-même, Monsieur Wauquiez !


Marie-Pierre Barrière


Liens: n/a
Rédigée par Marie-Pierre B. - 05.08.2011 - 09:30
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#1 Ecrit par Fred DESCOS le 05.08.2011 - 11:24 quote
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Eh bien merci pour ce texte!

Enfin un peu de sentiment, d'ouverture positive sur l'avenir. Ca nous change des tristes discours se limitant à regarder nos petis intérêts dans nos petites gamelles.

A quand une présidence qui assume l'Europe comme la seule voie d'avenir positive pour la France?

 
 
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