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Vos Commentaires
Ecrit par GuillaumeD
Je suis subjectif, mais voir dans cette vidéo une Virginie belle, souriante et pleine d'énergie, c'est à mon avis le principal succès! ;-))

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
[quote=republica]La conclusion du post s'adressant à moi est insultante et n'a pas lieu d'être.[/quote] Non ! Loin de moi l'intention d'insulter quiconque...C'est totalement inintéressant d'utilise...

Ecrit par republica
@ Sylvain Juteau Il faut toujours remettre une loi dans son contexte historique. A l'époque, la liberté était de pouvoir ne pas être catholique. Pour ce qui concerne les biens de l'église, l'église ...

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
[quote=republica]Je suis assez d'accord sur l'idée qu'une politisation de la haute fonction publique est néfaste. Il faut en effet pour que tout cela fonctionne bien distinguer les questions de faisab...

Ecrit par Sylvain JUTTEAU
[quote=Ch. Romain]@ SylvainEh bien, je suis heureux de voir que votre commentaire du 29/04 n'avait en fait pas de raison d'être. ;-)[/quote] Johnny Hallyday dit : "Ce qui rend heureux, c'est d...



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Essai de "politiquement correct" inversé à propos de la récidive
Catégorie(s) : Société Politique

La mode est au droit de dire n'importe quoi au nom de la lutte contre le "politiquement correct" et à la glorification d'un passé idyllique  : vous savez, quand les femmes n'avaient pas la majorité juridique, que la mortalité infantile dépassait 50 pour 1000 ou que les cotisations sociales n'alourdissaient pas inutilement les coûts salariaux...


Je vous propose donc de revenir au temps béni où on éloignait définitivement les récidivistes au bagne. Déjà au XIXe siècle, même sans les reportages télé récurrents, la récidive était au cœur des débats politiques. Il fallait protéger les classes modestes des délinquants irrécupérables :


« Oui, c’est dans les couches populaires qu’on réclame avec plus d’ardeur la transportation des récidivistes, parce que c’est là qu’on souffre le plus de cette plaie sociale. Ce ne sont pas les fils de la bourgeoisie, (...), qui en souffrent le plus, ce sont les fils de travailleurs, ceux qui vivent dans un contact forcé avec ces parvenus de la police correctionnelle et du crime, et qui souffrent de la flétrissure que leur inflige ce contact odieux. » (Waldeck-Rousseau).


Pierre Waldeck-Rousseau, ministre de l'intérieur, celui qui a pourtant légalisé les syndicats en 1884, trouve LA Solution avec la relégation qui consiste à éloigner les éléments indésirables. Cette peine de déportation est prononcée par le tribunal en cas de récidive, en plus de la peine liée aux faits jugés. Au-delà d'un certain nombre de condamnations dans un intervalle de 10 ans, le récidiviste est envoyé ou maintenu outre-mer; en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie, selon un barème fixé par la loi. Des peines automatiques... finalement on n'invente rien ! Ainsi, la relégation est prononcée, par exemple, au bout de deux condamnations aux travaux forcés ou à la septième condamnation pour vagabondage (loi du 27 mais 1885). Plus de problème de SDF !


Certains esprits chagrins comme Clémenceau crient à l'imposture. A l'époque, cela devait être politiquement incorrect, en tout cas c'était vraisemblablement politiquement risqué :


« Vous n’aurez rien fait que d’éloigner le condamné de notre vue ; le problème sera demeuré le même, et, si vous ne tentez rien pour améliorer le condamné, pour le réformer là-bas, vous aurez dépensé des sommes énormes, vous aurez soustrait les criminels à la vue de la vieille Europe, mais vous n’aurez fait ni réforme sociale, ni réforme pénale, ni réforme criminelle ; vous aurez recouru à un misérable expédient pour masquer le crime, mais vous l’aurez maintenu, que dis-je ? vous l’aurez créé vous-mêmes plus abominable que vous ne le connaissez ici. » (G. Clemenceau).


Albert Londres, certainement un journaleux bobo avant l'heure, crée l'émoi chez ses contemporains en témoignant des conditions de vie en Guyane :


"Quand un homme est condamné de cinq à sept ans de travaux forcés, cette peine achevée, il doit rester un même nombre d'années en Guyane. S'il est condamné à plus de sept ans, c'est la résidence perpétuelle. Combien de jurés savent cela ? [...] Le bagne commence à la libération. Tant qu'ils sont en cours de peine, on les nourrit (mal), on les couche (mal), on les habille (mal). Brillant minimum quand on regarde la suite. Leurs cinq ou sept ans achevés, on les met à la porte du camp."


"Alors, hors de prison, dans la rue, sans un sou, portant tous sur le front, comme au fer rouge et comme recommandation : ancien forçat ; avilis, à la fois révoltés et matés, minés par la fièvre, redressés par le tafia, vont, râlent, invectivent, volent et jouent du couteau, les parias blancs de Saint-Laurent-du-Maroni. Leur formule est juste : le bagne commence à la libération. Qu’ils travaillent ! Où ça ? ils ont une concurrence irréductible : celle des forçats en cours de peine." Albert Londres "


Le bagne devient alors politiquement incorrect et le Front populaire décide de suspendre les convois de forçats en direction de la Guyane.


La relégation évitait d'avoir à réfléchir sur les conditions de détention et la réinsertion des délinquants. Nous n'avons pas réellement avancé sur ce point.


Selon le rapport du conseil économique et social de 2006 sur les conditions de réinsertion socioprofessionnelle des détenus en France, "au-delà des discours incantatoires" et "à l’exception notable de l’immédiat après-guerre", "la réinsertion des détenus n’a jamais été véritablement conçue comme une mission prioritaire de la politique pénitentiaire." Il s'agit pourtant d'une "exigence sociale visant à briser la chaîne des exclusions", d'une "exigence politique afin de lutter plus efficacement contre la récidive" et d'une "exigence humaniste visant à donner un sens à la peine".


"L’adhésion du condamné au système carcéral et, par suite, la perspective d’un travail de réinsertion ne seront pas possibles si les conditions de détention ne sont pas fondées sur des conditions et des règles de vie conformes à un état de droit. Comment exiger du détenu qu’il respecte, à sa sortie, les règles de la société si le fonctionnement de l’institution carcérale n’a pas lui-même respecté le détenu en tant qu’être humain et sujet de droit, dans un établissement pénitentiaire aux conditions de vie et d’hygiène décentes ?"


C'est le sens des témoignages que nous avons pu écouter lors du dernier débat organisé par "Générations Engagées" sur la récidive.


Et comme le disait un grand flic, François Eugène Vidocq, il est contre-productif d'opposer sécurité et réinsertion des détenus :


"A quoi sert un code qui proportionne les peines aux délits, si le coupable est marqué pour toujours du sceau de la réprobation? L'injuste préjugé créa la récidive."


Pour en savoir plus


- sur la relégation, lire le très intéressant article de Jean-Lucien Sanchez dont certaines citations sont tirées - http://criminocorpus.revues.org/181 ou l'ouvrage d'Albert Londres - http://fr.wikisource.org/wiki/Au_bagne



Republica

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Rédigée par Republica - 08.05.2011 - 09:30
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