Ne cherchez pas notre contribution collective faite pour le Congrès programmatique de Mouvement Démocrate sur le site dédié, elle a été retoquée car, "bien que de très bonne qualité", elle a été jugée "trop politique" ! La voici en exclusivité sur notre site.
Nous nous souvenons de 2006 et 2007, de la campagne présidentielle et de cette voix aux discours qui nous faisaient vibrer. Nous avons encore en mémoire ces instants et l’immense espoir qui naissait alors.
Nous n’avons pas oublié pourquoi vous avez voulu créer le Mouvement Démocrate, pourquoi nous l’avons construit, ensemble. Nous n’avons pas oublié la diversité qui nous a rassemblés, ni les composantes qui nous ont fondés.
Nous n’avons pas oublié non plus les valeurs qui nous ont vus naître et grandir, ces valeurs à la base de chacun de nos projets.
Non, nous n’avons rien oublié. Et nous nous souvenons. Nous nous souvenons de l’honnêteté de celui qui a porté un « projet d’espoir » pour la France. Celui qui n’hésitait pas à dire la vérité, notamment au sujet de la dette pour laquelle il n’a cessé de porter le fer contre celui qui trompait.
Aussi, nous aimerions vous dire : nous savons que la démocratie interne d’un parti n’est pas chose évidente à mettre en place, mais n’essayez pas, vous tous qui dirigez le mouvement et à qui nous portons de l’estime et de l’affection, de nous duper, comme on dupe les enfants. Nous préférons et acceptons beaucoup plus la vérité et votre honnêteté que le silence, puissant distillateur de doute.
Nous avons mis beaucoup d’espoir et d’énergie dans le Mouvement Démocrate.
Et nous nous souvenons encore. De nos valeurs et du projet que nous voudrions construire. Voici celles auxquelles, nous, porteurs de ce message, sommes attachés : démocratie et humanisme, social et solidarité, durabilité et écologie.
Nous aimerions tenter de les préciser et montrer à quel point, elles sont interdépendantes.
L'humanisme, c'est remettre l'homme au centre de la Société. Et il n’y a pas d’humanisme sans valeurs sociales et solidaires.
Depuis un siècle, la gauche socialiste a d'abord promu, comme valeur et projet, le progrès social. Malheureusement, le progrès social, avec le temps, est devenu raison électorale, promesse intenable, plutôt que combat juste. Le progrès a tourné à la concurrence du "toujours plus". Du "toujours plus" qui ne tenait plus compte de la vraisemblance et oubliait toute une partie de la population. Ainsi le progrès social a fini par être un des facteurs de l'appauvrissement des classes moyennes et n'a permis qu'une certaine résistance vitale chez les plus démunis. Ainsi : pas de progrès, au mieux de la stagnation !
Il est devenu urgent que le « progrès social » soit aujourd’hui redéfini. Il s'agit donc de construire un nouveau modèle social et économique, en refondant le nôtre.
Car notre société doit pouvoir assurer la même chance à tous. Il s'agit de faire en sorte que chacun ait un travail, un logement et une sécurité de base, assurée par les services publics. Tel devrait être notre credo social. Ce qui exige une économie au service de l'homme, une économie efficace. Et ces deux notions, « humaine » et « efficace », ne sont pas antinomiques. Une société durable et solidaire, c'est une société qui trouve un juste équilibre entre entreprenariat, justice sociale et sauvegarde des intérêts des générations futures. C'est une société qui comprend que l'entreprise est primordiale et qu’elle doit être issue d’un projet commun. Car une société humaniste met également au cœur la créativité de l'homme et son travail. Il faudra faciliter la possibilité d'entreprendre. Il faudra ainsi accepter que toute entreprise puisse échouer et donner une deuxième chance à celui qui échoue.
Pour tout cela, il sera important de simplifier un système complexe et injuste pour trouver un juste équilibre afin qu'une dynamique économique et une dynamique humaniste se conjuguent au présent et au futur.
Mais revenons à l’humanisme. L'humanisme c'est un choix de société. L'humanisme c'est donner sa chance à chacun et à tous. C'est rendre la société plus juste. C'est réhabiliter le travail - et non l'argent - les droits et devoirs, le vivre ensemble. C'est le progrès pour que les générations futures vivent dans le "mieux" plutôt que dans le toujours "plus".
Ainsi, l'humanisme n'est possible que s'il y a une démocratie saine qui la soutient. Une vraie démocratie. Pas un rideau de fumée démocratique cachant des pratiques de mainmise. Une démocratie faite de pouvoirs et de contre-pouvoirs. Une démocratie représentative de tous les citoyens. Une démocratie qui fait toute sa place au dialogue et au compromis. Une démocratie où le respect se trouve à son aise. Une démocratie où sont réévalués les droits et devoirs des élus (statut de l’élu, non-cumul…), élus au service de l'État et des Français. Il faudra dépoussiérer notre démocratie, la reformer, la refonder.
Mais, nous ne pouvons pas vivre au jour le jour, brûler nos années comme un impétueux adolescent, vivre l’instant comme le dernier.
La politique a pour vocation la construction de la société de demain.
C’est en ce sens que l’on doit revenir à une société durable. Une société durable, c’est une société qui tient compte des générations et assure leur continuité. Une société durable, c’est une société consciente de l’indispensable transformation écologique. Une société durable, enfin, c’est une société politiquement stable qui sait se renouveler sur une base forte.
Ce principe doit être le fil rouge de toute politique.
Ces valeurs sont à la base du projet que nous voulons bâtir. Un projet écrit et mené par des progressistes dont l’action s’inscrira dans le long terme.
Ce projet, mes amis, nous n’en avons pas écrit une ligne depuis 2007, le capuchon sur la plume, l’esprit un peu trop sûr de ces 18%. Nous nous sommes reposés sur nos lauriers. Nous avons su nous battre pour nous opposer aux réformes abracadabrantesques de Nicolas Sarkozy, que même les élus de l’UMP commencent à refuser. Mais les Français nous ont rapidement perçus comme des opposants stériles. La vox populi a sa sagesse à laquelle nous avons été sourds. Ils nous l’ont dit souvent l’espoir qu’ils plaçaient en nous et leur étonnement à voir un projet de moins en moins fort, de moins en moins clair, de moins en moins existant. L’espoir, qu’ils avaient déposé entre nos mains, est mort. Mais nous avons la chance qu’en politique les fleurs fleurissent à nouveau, à la manière d’un phoenix qui renaît de ses cendres.
Au-delà , et plus grave, l’esprit d’ouverture et de rassemblement qui nous avait animés s’est complètement étranglé dans la peur d’être à nouveau le strapontin d’un autre. Or, cette peur n’était pas justifiée avec, comme base, un score de près de 20%. Dans cette union que nous appelions de nos vœux, nous avons eu tendance à devenir sectaires, à nous refermer sur nous-mêmes, aimant à nous scruter le nombril comme un imbécile cherche une idée dans les étoiles.
À rester sourd, à devenir aveugle, nous avons cessé de nous ouvrir au monde, nous avons cessé de communiquer avec l’extérieur. Ceci est tout simplement la définition de la mort.
Le Mouvement Démocrate avait pour vocation de défendre l’intérêt des Français et de préparer l’avenir, dans une idée qui dépasse celle du parti. Le Mouvement Démocrate avait pour vocation de rassembler au-delà des partis.
Le Mouvement Démocrate a fini pourtant et malgré tout par devenir un parti de la « vieille » politique. Nous perdons de vue notre but originel, dans le fond et la forme.
Nous devons regarder avec lucidité notre parcours et rectifier le tir. Posons-nous la question : Pourquoi sommes-nous là?
Parce que nous voulons rassembler tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans la France néolibérale, inégalitaire et frileuse de Nicolas Sarkozy. Nous voulons rassembler tous ceux qui respectent et promeuvent les valeurs républicaines Nous voulons rassembler tous ceux qui rêvent, comme nous, d’une société juste, humaniste et ouverte. Nous voulons rassembler ceux pour qui la préoccupation écologique est autre chose qu’un colifichet à la mode, ou un gadget utile pour orner un programme électoral !
Ces femmes et ces hommes que nous voulons rassembler, ils sont aujourd’hui dans de nombreux partis différents : des partis centristes, des partis écologiques, des partis de centre-gauche… Ils sont nombreux au parti socialiste. Et ils sont, beaucoup plus nombreux encore, en-dehors de tout parti, par méfiance et parce que les structures partisanes, sclérosées ou tendues vers des objectifs électoralistes, ne leur offrent pas la liberté qu’ils souhaitent.
C’est pourquoi nous pensons que ce grand rassemblement, si nécessaire à notre pays, ne se fera pas avec un Mouvement Démocrate dans sa forme actuelle.
Pour convaincre et rassembler, nous devons sortir de la logique des partis, cette logique faite d’exclusives, de méfiances, d’accords provisoires et d’oppositions trop souvent artificielles.
Nous devons revenir à l’idée première qui fut la nôtre en 2007.
Ainsi, après avoir longuement réfléchi, nous tirons cette conclusion que nous vous soumettons comme proposition :
« Dans l’intérêt général, nous demandons, au lendemain des régionales, la transformation du Mouvement Démocrate, parti, en un Mouvement Démocrate, plateforme transpartisane et durable.
Sans renoncer à présenter des candidats aux élections, cette plateforme a pour but principal la défense quotidienne de l’intérêt général au-delà des seules échéances électorales. Elle accompagne les citoyens dans leur combat et leur apporte des solutions par l’écriture et la promotion d’un projet de société associant toutes les sensibilités qui reposent sur des valeurs communes.
Ce Mouvement Démocrate - nouvelle version – autorisera le double-encartage et en fera le moyen privilégié pour favoriser les échanges entre les forces progressistes – politiques, syndicales et associatives – du pays. »
Nous avons conscience de la révolution que constitue notre proposition. Mais, si nous regardons notre parcours avec lucidité, c’est parce que nous pensons que les partis dans leur forme actuelle ne sont plus adaptés à notre société. C’est parce que nous oeuvrons pour l’intérêt général et les valeurs qui nous unissent, que nous sommes là aujourd’hui à vous la présenter.
Nous rêvons tous ici de construire ensemble ce projet d’espoir et de pouvoir enfin déclamer la phrase de Corneille : « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille, en arrivant au port ».
Virginie Votier et le collectif « Générations Engagées »
Frédéric Badina, Erwan Balanant, Marie-Pierre Barrière, Nicole Bétrencourt, Nicolas Bonfils, Alexandre Bouvard, Jorge Carvalho, Benoît Charvet, Pierre-Baptiste Cordier, Fabien Engelibert, Florent Hauchecorne, Fabrice Hauet, Anne Lacaille, Catherine Lemoine, Clément Le Ricousse, Domitille Marbeau, Jeanne-Marie Massip, Fabien Neveu, Marie-Isabelle Pichon, Christian Romain, Franck Vautier, Nicolas Vinci, Marie-José Votier.
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