Désertification médicale : l’école en souffrance !

Les parents et la FCPE de la Seine Saint-Denis s’insurgent contre le manque cruel de médecins scolaires dans leur département. Pourtant les cas de tuberculose, maladie encore mortelle, y sont de plus en plus nombreux. Avec un médecin pour 10.000 enfants là où il en faudrait un pour 5.000, le déficit est au moins aussi profond que celui de la sécurité sociale. Un appel est lancé à l’O.N.U. et aux associations humanitaires pour agir. Dans ce département, on peut même parler de paupérisation du 93 tant le département semble touché à tous les niveaux.
En 2009 (comme en 2008), 49 postes de médecins sont offerts au pourvoi et seulement 28 postes pourvus soit 57% de couverture. En cause les salaires qui sont particulièrement bas (1700€ pour un médecin en début de carrière soit moins qu'un interne de médecine générale en dernière année). Par ailleurs, la grille salariale d'un médecin scolaire est certainement la plus basse de tous les médecins de la fonction publique. Quant à sa progression de carrière, elle reste très limitée. En octobre 2010, 150 postes étaient toujours vacants. Et chez les infirmier(e)s scolaires c’est à peine mieux avec un taux de couverture de 72% en 2008.
Comme le dis la chanson, le désert avance et il ne touche pas uniquement certaines banlieues de la région parisienne. Tout le territoire est atteint, car le médecin scolaire est une profession en voie de disparition. Cette désertification a pourtant déjà l’objet de 3 rapports parlementaires et on nous en promet un nouveau ! Luc Chatel, alors en charge de ce dossier avait fait de belles promesses mais les rapports doivent encore occuper les armoires de son successeur. Promesses de gascon ?
Le désespoir des associations de parents d’élèves de la Seine Saint-Denis est à l’image de l’urgence que représente ce déficit de médecins scolaires. En effet, il ne faut pas compter sur la médecine libérale, cruellement en baisse d’effectif, pour palier ce manque.( voir les articles précédents sur la désertification médicale)
Les solutions passent par la revalorisation de cette profession pour susciter les vocations. Et pourquoi ne pas y associer les internes de médecine dans le cadre d’un stage hospitalo-universitaire validant. Nous proposons que cela soit mené pendant 5 ans, dans les départements ou les régions les plus durement touchées ou les plus enclins à subir des maladies épidémiques et dangereuses (comme la tuberculose). Il est important de valoriser cette action dans le cadre d’une volonté politique de santé préventive. Les médecins libéraux pouvant y être associé dans le cadre d’une tarification ou d’honoraires distinct et différents de ceux pratiqués habituellement.
Jean-Pierre  BENAÏS ( Médecin généraliste)

13 réflexions au sujet de « Désertification médicale : l’école en souffrance ! »

  1. Merci pour cet éclairage judicieux! Oui le retour de la tuberculose constatée par Médecins du Monde et qui sont des signes de la pauvreté et d’habitats insalubres! Indice de la difficulté d’accès aux soins pour des personnes en grande précarité! Amitiés.NBT

  2. Ce retour de la tuberculose est en effet très troublant, et même très touchant…!

    Mais est-ce vraiment la médecine scolaire qui doit agir ?

    La médecine scolaire est née en 1945, dans un contexte où la population rurale représentait presque la moitié de la population. La vocation de la médecine scolaire était de détecter des pathologies de façon préventive, pour des enfants qui ne voyaient pas de médecin.

    Aujourd’hui, 90% de la population vite dans les zones urbaines, et les enfants voient presque tous un médecin plusieurs fois dans l’année.

    La médecine scolaire étendue à tous les élèves est restée, malgré son inadéquation manifeste, car les organes administratifs ont une faculté de résistance et de prolifération proportionnels à l’incompétence des gouvernements dans la gestion des dépenses publiques.

    Dans le cas présent, l’émergence inquiétante de la tuberculose concerne des populations précarisées et sous médicalisées.

    J’ai donc une proposition alternative.

    Je propose que l’on remplace la médecine scolaire par une obligation de visites médicales préventives auprès du médecin de son choix.

    Ainsi, les moyens disponibles seront concentrés sur les cas des enfants précarisés et sous médicalisés, et les doublons de consultation seront supprimés.

    Au-delà du dramatique de la situation présente, c’est drôle, car les sujets de gaspillage des fonds publics sont tellements nombreux et tellement peu traités qu’il suffit de soulever une pierre sur presque n’importe quel sujet pour voir grouiller la gabegie.

    Fastoche, l’amélioration de la gestion, quand tout est dégradé.

    Fastoche au plan technique, mais difficile au plan de la modification culturelle que cela implique…!

    Cultivons l’espoir…

  3. @ Sylvain

    … les enfants voient presque tous un médecin plusieurs fois dans l’année.

    Détrompe toi, c’est loin d’être le cas dans les zones défavorisée.

    Pour le rôle de la médecine scolaire, il est simple tous les enfants ( ou presque) sont scolarisés jusqu’à l’age de 16 ans, je crois. Tu vois, il est dès lors très facile de mettre en oeuvre des mesures de prévention et de détection.
    Tu as raison de dire que l’obligation de voir un médecin, une fois par an serait suffisant mais tu te heurtes à 3 problèmes :

    1- Il y a de moins en moins de médecin libéraux et c’est encore plus vrai dans les zones défavorisées ou dans certaines campagnes. ( CF articles sur la désertification médicale)

    2- Même si ce n’était pas le cas, une consultation de dépistage et de prévention est une consultation qui peut être longue et je ne suis pas certain que les médecins soient volontaires pour ce type de consultations, au tarif d’aujourd’hui. Ce sont des consultations qui devraient durer 30 minutes environ et le coût pour l’assurance maladie serait important. Mais c’est une question de volonté politique et de budget.

    3- Comment OBLIGER tous les enfants à consulter alors qu’ils ne sont pas malades, à priori ? Et comment leur expliquer qu’il va falloir payer cet acte.

    Pour moi,la médecine scolaire est le meilleur moyen de réaliser des actions de dépistage et de prévention, car l’école est accessible, gratuite et obligatoire.

    Mais, Sylvain, je comprends ta pensée.

    @Nicole : Oui , c’est par là que cela commence. Amitiés.

  4. @ Jean-Pierre BENAIS

    Merci pour votre prompte réponse. (Bis dat qui cito dat; [i]qui donne vite donne deux fois[/i]).

    [quote=BENAIS]@ Sylvain… les enfants voient presque tous un médecin plusieurs fois dans l’année.Détrompe toi, c’est loin d’être le cas dans les zones défavorisée.[/quote]

    Tout d’abord, je ferai une remarque sur l’emploi du terme « défavorisé ». Ce terme est affreusement mensonger.

    Les pauvres sont peut-être pauvres parcequ’il n’ont pas assez travaillé, et pas [i]uniquement[/i] parcequ’ils sont dépourvus de faveurs.

    Si deux jumeaux homozygotes naissent au monde et reçoivent la même éducation dans la même famille et que l’un des deux crée une entreprise, travaille 80 heures par semaines et s’enrichit matériellement, tandis que l’autre glandouille au point de subsister par le RSA, peut-on dire que le glandouilleur est [i]nécessairement[/i] un défavorisé ??

    Alors, cherchons à être honnêtes,, et parlons plutôt de précarité, de pauvreté, que de défaveur.

    Au moins, en choisissant des termes plus proches de la réalité décrite, on sera mieux équipés si l’on est en quête de justice.

    Une fois cette remarque faite, je fais aussi observer que la solution alternative je propose est précisément de faire la distinction entre les populations précaires pour leur tendre la main à elles en particulier plutôt que de faire un traitement de masse par la médecine scolaire dont vous dénoncez vous-même le dysfonctionnement.

    [quote=BENAIS]Pour le rôle de la médecine scolaire, il est simple tous les enfants ( ou presque) sont scolarisés jusqu’à l’age de 16 ans, je crois. Tu vois, il est dès lors très facile de mettre en oeuvre des mesures de prévention et de détection.[/quote]

    Vous constatez en pratique vous même que ce n’est pas fait. Si cela était « facile » comme vous le dites, cela serait fait. Je cherche donc en vain la cohérence interne de votre exposé.

    Et comme je ne trouve pas cette cohérence de façon immédiate, je me dis que cette cohérence réside peut-être dans les présupposés que vous véhiculez. L’utilisation du terme « défavorisé » me parait être d’ailleurs une première illustration de ces présupposés.

    [quote=BENAIS]Tu as raison de dire que l’obligation de voir un médecin, une fois par an serait suffisant[/quote]

    Je me suis bien gardé d’écrire « une fois par an » car je ne suis pas médecin et j’ignore complètement le rythme qui serait le plus adapté. Là encore, vous présupposez quelquechose (le fait que j’écrive « une fois par an ») qui n’a pas d’existence réelle.

    [quote=BENAIS]tu te heurtes à 3 problèmes :1- Il y a de moins en moins de médecin libéraux et c’est encore plus vrai dans les zones défavorisées ou dans certaines campagnes. ( CF articles sur la désertification médicale)[/quote]

    Le manque de médecins libéraux est dû au fait que le métier de médecin libéral est insuffisement attractif par rapport à la médecine publique. Il y a en effet un déséquilibre dans la répartition des ressources, et la médecine scolaire est un des multiples organes bureaucratiques à la source de ce déséquilibre.

    Le remplacement de la médecine scolaire par un système plus adapté est une des multiples solutions à mettre en oeuvre pour procéder au rééquilibrage entre la médecine publique et la médecine libérale.

    [quote=BENAIS]2- Même si ce n’était pas le cas, une consultation de dépistage et de prévention est une consultation qui peut être longue et je ne suis pas certain que les médecins soient volontaires pour ce type de consultations, au tarif d’aujourd’hui. Ce sont des consultations qui devraient durer 30 minutes environ et le coût pour l’assurance maladie serait important. Mais c’est une question de volonté politique et de budget.[/quote]

    D’une part, il me semble que le refus de soins est santionable par l’Ordre, et d’autre part je sui favorable à une rémunération des médecins telle qu’elle est pratiquée en Chine depuis des siècles, à savoir une rémunération effective uniquement si le patient est en bonne santé.

    En effet, sauf erreur de ma part, c’est bien la vocation des médecins de maintenir leur patientèle en bonne santé. Or le système actuel favorise financièrement les médecins qui ont une patientèle en mauvaise santé.

    Ce mode de rémunération m’a toujours semblé paradoxal. On a bien repris aux Chinois à notre profit l’invention du papier, que ne pourrions-nous pas leur piquer aussi l’idée d’une rémunération des médecins plus conforme à la déontologie ?

    Dans le cas présent, si les médcins étaient effectivement rémunérés pour la bonne santé de leur patientèle, ils seraient incités à saisir toute occasion qui leur serait offerte de pratiquer la médecine préventive…

    [quote=BENAIS]3- Comment OBLIGER tous les enfants à consulter alors qu’ils ne sont pas malades, à priori ? Et comment leur expliquer qu’il va falloir payer cet acte.[/quote]

    Toute obligation est construite de la même façon. Il y a une règle et une sanction proportionnée à l’infraction à la règle. La sanction pourrait être une dégradation du taux de remboursement des actes par exemple, ou toute autre sanction qui apparaîtrait juste et adaptée.

    [quote=BENAIS]Pour moi,la médecine scolaire est le meilleur moyen de réaliser des actions de dépistage et de prévention, car l’école est accessible, gratuite et obligatoire.[/quote]

    Là encore, voilà une assertion sans fondement apparent. J’ai de la difficulté à voir le lien entre le fait que la médecine scolaire soit le « meilleur moyen du dépistage », et le fait que l’école soit « accessible, gratuite, et obligatoire ». Curieux… Il y a sans doute d’autres raisons que vous n’exposez pas et que j’ignore. Lesquelles ?

    En outre, il me parait faux de dire que l’école est gratuite. Jusqu’à preuve du contraire, elle coûte au contraire très cher. Son financement est assuré par l’impôt, par les frais de scolarité payés par les parents, et par l’argent prêté à l’Agence France Trésor, qui est chargée de vendre les créances de l’Etat au mieux offrant.

    D’ailleurs, si les chefs d’établissement disposaient du droit de gérer leurs budgets, et si les parents disposaient du droit d’affecter les ressources par le moyen du chèque scolaire, nous n’en serions, pas là, mais c’est un autre vaste sujet.

    Bien cordialement.

  5. Excusez-moi d’intervenir mais M.Jutteau, vous avez une curieuse conception des choses!

    Lorsqu’on parle de zone défavorisée, on parle ici de zones où il y a un faible nombre de médecins par rapport au nombre d’habitants. Je sais bien que vous avez le droit de penser que ces zones sont peuplés de pervers qui se complaisent dans leur misère, et que c’est bien fait pour eux. Il n’empêche qu’une politique sociale digne de ce nom (mais je me doute bien que vous en réfutez sans doute le principe même, au nom de la gabegie qu’elle entraînerait forcément) se doit d’assurer un minimum de services élémentaires (éducation, santé) en priorité là où sont les plus pauvres.

    Pour ce qui est de la médecine libérale soit-disant faiblement attractive, les faits prouvent
    l’inverse. Les médecins vont dans le public par vocation (ils croient que la médecine gratuite accessible à tous est quelque chose d’important à défendre). Ceux qui veulent faire de l’argent exercent en libéral. Et on voit même des effets d’aubaine: certaines femmes médecins vont dans le public quand elles élèvent leurs enfants (pour les congés de maternité plus favorables, et les droits aux jours d’enfants malades notamment) puis retournent dans le privé lorsque les enfants sont plus grands, car les contraintes sont moindres; elles peuvent donc aller là où c’est le plus rémunérateur. C’est bien aujourd’hui dans les structures publiques que l’on manque d’effectif et non dans les structures privées. Par ailleurs, le principe de la médecine libérale étant de permettre aux médecins de s’installer où il le désirent, vous en trouverez beaucoup là où il y a de l’argent et peu dans les zones où la population est pauvre.

    Enfin,je suis sûr qu’un esprit éclairé comme le votre comprend facilement que les médecins ont le plus de chance de voir les enfants là où ils sont, c’est à dire à l’école plutôt que là où ils ne sont pas forcément (dans leur cabinet).

  6. Par ailleurs, beaucoup de gens ne vont pas voir le médecin quand ils sont malade car il faut avancer la consultation et ils n’en ont pas les moyens. Alors ils vont engorger le service des urgences s’ils sont trop inquiets. Beaucoup de familles sont en effet à 5 € près.
    Alors les obliger à aller voir un médecin libéral supposerait que cette consultation soit en tiers payant, ce qui entrainerait des frais administratifs et coutrerait in fine pas forcément moins cher au prix de la consultation.
    En outre, au lieu de s’embéter à crérer des sanctions et des contrôle, pourquoi ne pas utiliser l’autorité de l’école qui est fermement incitative.
    Par ailleurs, le médecin à l’école est plus à même de repérer des cas de maltraitance ou de retard anormal car il est en relation plus proche avec les enseignants qui confient plus facilemnt leur doute à un médecin qu’ils connaissent.
    Enfin, je n’ai pas eu le temps de regarder les études, mais je me suis laissé dire que les dépenses de prévention, mesurées, étaient souvent très rentables pour la sécu.

  7. [quote=Fred Descos]Excusez-moi d’intervenir mais M.Jutteau, vous avez une curieuse conception des choses![/quote]

    On peut débattre sans s’excuser de le faire…Relaxez-vous… ;-)

    [quote=Fred Descos]Lorsqu’on parle de zone défavorisée, on parle ici de zones où il y a un faible nombre de médecins par rapport au nombre d’habitants.[/quote]

    Ah, bon, si c’était donc cela l’intention de l’auteur !

    Mais alors on peut dire que ce sont des zones où il manque de médecins, au moins on comprendrait tout de suite.

    Le terme « défavorisé » est tellement utilisé par la propagande de la pensée unique, qu’il invite à la prudence, même employé avec une autre intention. (voir à ce sujet l’article suivant : http://sylvainjutteau.blogspot.com/2011/08/etes-vous-un-bon-pigeon-pour-la-pensee.html ).

    [quote=Fred Descos]Je sais bien que vous avez le droit de penser que ces zones sont peuplés de pervers qui se complaisent dans leur misère, et que c’est bien fait pour eux.[/quote]

    Merci de m’accorder ce « droit de penser ».

    Toutefois, je vous précise en l’espèce que ce n’est pas ma pensée. C’est une invention de votre part que de me prêter cette pensée.

    Non, [i] je ne pense pas que les zones où il manque de médecins soient peuplées de pervers.[/i]

    Vous écrivez que j’ai une « curieuse conception des choses »…ça ne m’étonne pas étant donné les pensées loufoques que vous m’attribuez…!

    Franchement, j’oscille entre l’étonnement et l’inquiétude face à vos remarques…

    [quote=Fred Descos]Il n’empêche qu’une politique sociale digne de ce nom (mais je me doute bien que vous en réfutez sans doute le principe même, au nom de la gabegie qu’elle entraînerait forcément)[/quote]

    Mais enfin, que faites-vous encore dans ma tête en me prêtant encore et encore des pensées que je n’ai pas ???

    [quote=Fred Descos]Il n’empêche qu’une politique sociale digne de ce nom se doit d’assurer un minimum de services élémentaires (éducation, santé) en priorité là où sont les plus pauvres.[/quote]

    Voilà ma position :

    1- Chacun doit exercer la vertu de charité auprès de sa famille, ses voisins, ses amis, et auprès de tout humain vivant sur cette Terre. La charité est une des vertus les plus élevées qui soient, et doit s’exercer tant au plan matériel qu’au plan des gestes et des mots.

    2- Si cette vertu de charité est insuffisante pour assurer la juste répartition des ressources, la collectivité publique est fondée à intervenir par défaut.

    3- Le circuit bureaucratique de répartition des ressources étant beaucoup plus coûteux, et surtout étant basé sur le prélèvement forcé, exercé au besoin par la violence, il doit être résiduel.

    L’impôt prélevé pour la répartition des ressources est autrement plus violent que le don. L’impôt peut en ce sens être le signe non pas d’une société solidaire mais bien au contraire d’une société viciée et divisée dont on tente de recoller les morceaux.

    [quote=Fred Descos]Pour ce qui est de la médecine libérale soit-disant faiblement attractive, les faits prouvent l’inverse. Les médecins vont dans le public par vocation (ils croient que la médecine gratuite accessible à tous est quelque chose d’important à défendre). Ceux qui veulent faire de l’argent exercent en libéral.[/quote]

    Mais que se passe-t’il encore ? Vous croyez vraiment ce que vous écrivez ? Vous voulez vraiment penser à la place des médecins, et prêter des intentions élevées aux uns et de viles intentions aux autres. Vous pensez vraiment que le monde manque à ce point de nuances ?

    Vous pensez vraiment que la vocation des médecins qui exercent en libéral est de « faire de l’argent »!?

    Les médecins qui exercent en libéral n’ont-il pas des motivations et des comportements différents les uns des autres ? Ne pensez vous pas que toutes les variations de la personnalité peuvent s’exprimer ???

    Non, là, c’est le clavier qui a crépité trop vite, dites-moi…

    [quote=Fred Descos]Et on voit même des effets d’aubaine: certaines femmes médecins vont dans le public quand elles élèvent leurs enfants (pour les congés de maternité plus favorables, et les droits aux jours d’enfants malades notamment)[/quote]

    Là, vous ne manquez pas de souffle, car deux phrases plus tôt vous disiez que « Les médecins vont dans le public par vocation (ils croient que la médecine gratuite accessible à tous est quelque chose d’important à défendre) ».

    Alors, « vocation » ou « effet d’aubaine »? Il faudrait savoir.

    A force de prêter des pensées et des intentions aux autres, vous apparaissez vous emmêler les pinceaux.

    [quote=Fred Descos]C’est bien aujourd’hui dans les structures publiques que l’on manque d’effectif et non dans les structures privées.[/quote]

    Le sujet soulevé est qu’il manque de médecins libéraux dans les campagnes. ( Vous savez bien, ceux qui sont libéraux pour faire de l’argent).

    Quant aux structures publiques, il y a deux façons de considérer le sujet. Soit il y a sous-effectif, soit l’organisation est dégradée et les ressources humaines sont mal employées. Pour avoir un début de réponse à cette question je vous invite à consulter les nombreux rapports administratifs sur l’évolution des effectifs de la fonction publique hospitalière, et sur les coûts comparés des soins dans les structures privées et dans les structures publiques.

    Le sujet mérite d’être creusé, je vous le promets !

    [quote=Fred Descos]Par ailleurs, le principe de la médecine libérale étant de permettre aux médecins de s’installer où il le désirent, vous en trouverez beaucoup là où il y a de l’argent et peu dans les zones où la population est pauvre[/quote]

    Oui, et d’ailleurs c’est la même chose pour toutes les activités humaines à haute valeur ajoutée.

    D’où ma position développée plus haut sur la charité, et la compensation de son insuffisance par une action coercitive utilisant le prélèvement forcé.

    [quote=Fred Descos]Enfin,je suis sûr qu’un esprit éclairé comme le votre comprend facilement que les médecins ont le plus de chance de voir les enfants là où ils sont, c’est à dire à l’école plutôt que là où ils ne sont pas forcément (dans leur cabinet).[/quote]

    Aussi éclairé que l’on puisse être (…), on peut aussi comprendre que le système de la médecine scolaire était adapté à la situation de 1945, et qu’il est temps de le réadapter à la situation de 2011.

    Et au-delà de toute argutie, c’est bien là le fonds de mon propos. Les struccures administratives se construisent par strates successives, et ont une faculté de perdurer en décallage avec la réalité.

    La médecine scolaire est une illustration de ce travers.

    Bien cordialement.

  8. Je viens de lire vos divers commentaires, tous très intéressants. Il faut savoir si quels sont les moyens d’action du médecin scolaire par rapport à ses confrères en libéral ou exerçant dans le public. Je crois me souvenir qu’il est tenu un certain nombre d’actions de prévention. Comme j’appelle de mes voeux à l’instar de Republica, le fait que le médecin scolaire et le (a) psychologue scolaire puissent avoir tous les moyens pour dénoncer la maltraitance de l’enfant. Malheureusement, cela ne se fait pas par une consultation de prévention comme le fait le médecin scolaire. C’est par une véritable consultation d’écoute que cela peut se faire. Beaucoup de non professionnel se font quelque douces illusions en pensant qu’un enfant maltraité va se mettre à table En 10 minutes après une vérification de sa vue, de son poids sur ce qu’il vit à la maison ! ce n’est pas une inégalité de formation qui est important pour le médecin scolaire mais ce qui lui est dévolu dans la prévention a minima par rapport à ses autres confrères, qui, eux font des soins… il y a aussi dans l’aspect du champ mental le rôle du psychologue scolaire. Mais sa formation n’est pas équivalente à celle d’un psychologue clinicien (du moins dans notre pays). je m’autorise à mettre il n’y ait pas d’ambiguïté sur mes propos les taches assignées de médecine préventive au médecin scolaire.Mesure de la taille et du poids, évaluation de la souplesse de la colonne vertébrale, tests d’acuité visuelle et sonore… Le MEN (médecin de l’Éducation nationale), auparavant appelé médecin scolaire, répète les mêmes gestes, les mêmes contrôles sur les élèves des écoles maternelles, primaires, des collèges et lycées. Sa vigilance permet de repérer des déficiences, des troubles psychologiques, des comportements alimentaires dangereux, voire de dénoncer des cas de mauvais traitement. Il est aussi chargé de conseiller le chef d’établissement et de former l’équipe éducative, notamment sur les gestes de premiers soins d’urgence. Pas de soins donc, mais de la prévention avant tout. Bonne soirée à tous.NBT

  9. [quote=N.Betrencourt] Mais sa formation n’est pas équivalente à celle d’un psychologue clinicien (du moins dans notre pays). je m’autorise à mettre il n’y ait pas d’ambiguïté sur mes propos les taches assignées de médecine préventive au médecin scolaire.Mesure de la taille et du poids, évaluation de la souplesse de la colonne vertébrale, tests d’acuité visuelle et sonore… [/quote]

    Hem, hem, vous avez dû modifier quelquechose en cours de rédaction car la syntaxte de ce passage apparait incompréhensibe.

    Je prosteste car cette anomalie syntaxique nous prive de la saveur de votre pensée.

    Bien cordialement.

  10. A M.Jutteau,

    Evidemment, je prends des raccourcis: les libéraux ne sont pas tous là pour faire de l’argent. Ils peuvent avoir choisi cette voie pour d’autres raisons (organisation de leur temps, fait culturel, etc). En revanche, ils gagnent en général bien mieux leur vie que les personnels médicaux affectés dans des structures publiques.

    Par ailleurs, vous louez la solidarité et la charité entre proches: très bien, moi aussi. Mais il ne peut s’agir d’un programme politique. Sinon les proches de ceux qui ont beaucoup de moyens, de savoir et de relations seront définitivement favorisés par rapport à ceux qui ne bénéficient pas des mêmes appuis. La politique consiste précisément à donner la chance à ceux qui ne l’auraient pas sans intervention publique.

    S’agissant de la santé, il est bien compréhensible que si l’on attend à ce qu’un parent qui n’a pas dans sa pratique courante d’aller voir un médecin régulièrement n’enverra pas facilement son enfant. C’est pourquoi l’on a créé la médecine scolaire, dont le principe ne paraît pas si inadapté. Et si j’ai bien compris la position des autres intervenants, il s’agirait plutôt de renforcer son rôle plutôt que de l’éliminer.

    Enfin, pour revenir sur vos propos sur les défavorisés, le « glandouilleur » (comme vous dîtes) n’est peut-être pas défavorisé, certes. Mais ses enfants le sont immanquablement. Doivent-ils payer les conséquences de la paresse de leurs parents?

  11. [quote=Fred Descos]A M.Jutteau,Evidemment, [b]je prends des raccourcis: les libéraux ne sont pas tous là pour faire de l’argent.[/b] Ils peuvent avoir choisi cette voie pour d’autres raisons (organisation de leur temps, fait culturel, etc). En revanche, ils gagnent en général bien mieux leur vie que les personnels médicaux affectés dans des structures publiques.[/quote]

    Ah, merci de le reconnaitre. Votre honnêteté vous honore. D’ailleurs, honnêteté et honneur ont des mots qui ont la même racine…. ;-)

    [quote=Fred Descos]Par ailleurs, vous louez la solidarité et la charité entre proches: très bien, moi aussi. Mais il ne peut s’agir d’un programme politique. Sinon les proches de ceux qui ont beaucoup de moyens, de savoir et de relations seront définitivement favorisés par rapport à ceux qui ne bénéficient pas des mêmes appuis. La politique consiste précisément à donner la chance à ceux qui ne l’auraient pas sans intervention publique.[/quote]

    Il y a à mes yeux trois orientations possibles :

    - la solidarité naturelle est considérée comme nécessaire et suffisante. L’Etat est vu comme une intrusion violente et néfaste. C’est l’orientation libérale, au sens du libéralisme économique.

    - l’Etat est garant de la répartition des ressources. Il faut intervenir dans la sphère privée pour opérer des prélèvements obligatoires, qui ont pour effet d’une part de réduire les ressources disponibles « abusives » des plus riches, et d’autre part pour effet de fournir les ressources à distribuer aux plus pauvres. C’est l’orientation socialiste.

    - La sphère privée doit être protégée, et l’Etat intervient pour [b]suppléer aux défaillances[/b] de la solidarité privée si la vertu de charité est trop faible, si le culte de l’argent fait trop de dégâts dans les comportements. C’est la position centriste.

    La charité en effet n’est pas un « programme politique », vous avez raison, la charité est ce qui permet à la sphère privée de se protéger des intrusions du politique.

    La nuance est de taille. C’est un projeet de société complet qui est la conséquence de ces prises de position.

    Sauf erreur de ma part, je crois que nos positions se rejoignent.

    [quote=Fred Descos]S’agissant de la santé, il est bien compréhensible que si l’on attend à ce qu’un parent qui n’a pas dans sa pratique courante d’aller voir un médecin régulièrement n’enverra pas facilement son enfant. C’est pourquoi l’on a créé la médecine scolaire, dont le principe ne paraît pas si inadapté. Et si j’ai bien compris la position des autres intervenants, il s’agirait plutôt de renforcer son rôle plutôt que de l’éliminer.[/quote]

    L’augmentation des dépenses publiques est possible. Mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Mon point de vue est que nous avons des dépenses excessives en raison d’une gestion qui a atteint un haut niveau d’inefficacité.

    Par exemple, j’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de rencontrer quelqu’un qui travaille à l’hopital public d’Angers. Il me disait que les personnes employées pour les tâches administratives avait désormais dépassé en nombre le personnel soignant.

    Si personne ne prend conscience que c’est grotesque, le mur de la réalité va se charger de nous le rappeler assez vite !….

    En matière de médecine scolaire, il est en effet confortable intellectuellement de se dire que tous les enfants sont scolarisés et que comme c’est un point de passage obligé, il est facile de faire réaliser des visites médicales que tous les enfants bénéficieront ainsi de la médecine préventive dont chacun reconnait l’intérêt

    Oui, c’est facile de penser ainsi, et de se rendormir avec la bonne conscience du citoyen satisfait de sa générosité avec l’argent des autres (les autres sont les générations futures en l’espèce, puisque les dépenses publiques sont faites pour partie à crédit).

    Mais on peut aussi se dire que le vice est plus facilement hébergé dans le confort de la facilité que dans la douleur de l’effort.

    On peut aussi se dire que l’emploi de l’argent public doit être optimisé, que les excès de la croissance bureaucratique doivent être tempérés, et que nous sommes précisément en une période cruciale où les records absolus de dépenses publiques menacent de faire exploser notre société tout entière.

    On peut aussi se dire que les relations de solidarité volontaire entre individus sont plus vertueuses que les répartitions forcées opérées par les collectivités publiques, sur la base de programmes politiques défendus par des énergumènes qui maîtrisent les arcanes de la fiscalité pour échapper à titre personnel à l’impôt.

  12. Le même moins les coquilles et le dernier paragraphe qui est superflu.

    [quote=Fred Descos]A M.Jutteau,Evidemment, [b]je prends des raccourcis: les libéraux ne sont pas tous là pour faire de l’argent.[/b] Ils peuvent avoir choisi cette voie pour d’autres raisons (organisation de leur temps, fait culturel, etc). En revanche, ils gagnent en général bien mieux leur vie que les personnels médicaux affectés dans des structures publiques.[/quote]

    Ah, merci de le reconnaitre. Votre honnêteté vous honore. D’ailleurs, honnêteté et honneur sont des mots qui ont la même racine…. ;-)

    [quote=Fred Descos]Par ailleurs, vous louez la solidarité et la charité entre proches: très bien, moi aussi. Mais il ne peut s’agir d’un programme politique. Sinon les proches de ceux qui ont beaucoup de moyens, de savoir et de relations seront définitivement favorisés par rapport à ceux qui ne bénéficient pas des mêmes appuis. La politique consiste précisément à donner la chance à ceux qui ne l’auraient pas sans intervention publique.[/quote]

    Il y a à mes yeux trois orientations possibles :

    1- la solidarité naturelle est considérée comme nécessaire et suffisante. L’Etat est vu comme une intrusion violente et néfaste. C’est l’orientation libérale, au sens du libéralisme économique.

    2- l’Etat est garant de la répartition des ressources. Il faut intervenir dans la sphère privée pour opérer des prélèvements obligatoires, qui ont pour effet d’une part de réduire les ressources disponibles « abusives » des plus riches, et d’autre part pour effet de fournir les ressources à distribuer aux plus pauvres. C’est l’orientation socialiste.

    3- La sphère privée doit être protégée, et l’Etat intervient pour [b]suppléer aux défaillances[/b] de la solidarité privée si la vertu de charité est trop faible, si le culte de l’argent fait trop de dégâts dans les comportements. C’est la position centriste.

    La charité en effet n’est pas un « programme politique », vous avez raison, la charité est ce qui permet à la sphère privée de se protéger des intrusions du politique.

    La nuance est de taille. C’est un projet de société complet qui est la conséquence de ces prises de position.Sauf erreur de ma part, je crois que nos positions se rapprochent.

    [quote=Fred Descos]S’agissant de la santé, il est bien compréhensible que si l’on attend à ce qu’un parent qui n’a pas dans sa pratique courante d’aller voir un médecin régulièrement n’enverra pas facilement son enfant. C’est pourquoi l’on a créé la médecine scolaire, dont le principe ne paraît pas si inadapté. Et si j’ai bien compris la position des autres intervenants, il s’agirait plutôt de renforcer son rôle plutôt que de l’éliminer.[/quote]

    L’augmentation des dépenses publiques est possible. Mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Mon point de vue est que nous avons des dépenses excessives en raison d’une gestion qui a atteint un haut niveau d’inefficacité.

    Par exemple, j’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de rencontrer quelqu’un qui travaille à l’hopital public d’Angers. Il me disait que les personnes employées pour les tâches administratives avait désormais dépassé en nombre le personnel soignant.Si personne ne prend conscience que c’est grotesque, le mur de la réalité va se charger de nous le rappeler assez vite !…

    En matière de médecine scolaire, il est en effet confortable intellectuellement de se dire que tous les enfants sont scolarisés et que comme c’est un point de passage obligé, il est facile de faire réaliser des visites médicales que tous les enfants bénéficieront ainsi de la médecine préventive dont chacun reconnait l’intérêt.

    Oui, c’est facile de penser ainsi, et de se rendormir avec la bonne conscience du citoyen satisfait de sa générosité avec l’argent des autres (les autres sont les générations futures en l’espèce, puisque les dépenses publiques sont faites pour partie à crédit).

    Mais on peut aussi se dire que le vice est plus facilement hébergé dans le confort de la facilité que dans la douleur de l’effort.

    On peut aussi se dire que l’emploi de l’argent public doit être optimisé, que les excès de la croissance bureaucratique doivent être tempérés, et que nous sommes précisément en une période cruciale où les records absolus de dépenses publiques menacent de faire exploser notre société toute entière.

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