Pour une fois je vais parler d'autre chose que de politique ou d'environnement et m'attarder sur un sujet qui me touche très personnellement.
Le weekend du 24 juillet dernier, mon père s'est fait dérober son chien. Ça peut vous paraitre anodin et sans doute sans plus d'intérêt que cela, mais ce que j'ai appris par la suite m'a d'abord troublé puis totalement outré.
Mon père commence à sentir le poids des ans sur ses épaules et c'est dur à dire, il n'a plus toute sa tête non plus. Il avait adopté un chien, comme beaucoup de personne sur terre, pour tromper sa solitude et lui donner énormément d'affection.
Il y avait un lien très fort entre eux, en effet les chiens donnent en retour un amour inconditionnel à leur maître et dès que mon père s'éloignait de trop, la chienne aboyait à tue-tête. Elle connaissait le chemin pour rentrer, s'étant déjà échappée d'un chenil où mon père l'avait laissée pour quelques jours, le temps d'un cours voyage.
Nous en sommes donc bien convaincus, elle ne s'est pas enfuie.
Au vu du nombre de chiens dans les chenils, il est donc assez étrange qu'on décide d'en voler un, surtout quand il est tatoué et souvent en laisse.
N'étant pas sur place, ma sœur a donc fait des recherches et a téléphoné à tous les services spécialisés aux alentours. On ne l'a pas retrouvé. Et on lui dit qu'après 2 à 3 jours de toute manière, les chances sont quasi nulles, (Jack Malone étant absent…).
Nous avons donc été très émus de voir notre père dans cet état, et tellement chamboulé qu'il a causé un accident, heureusement léger, avec sa voiture.
Mais ce qui m'a le plus choqué, c'est ce qu'on a rapporté ensuite à ma sœur. Il arrive souvent que les cirques de passages volent des animaux. Ma sœur interloquée demande pourquoi donc ? Et on lui répond pour nourrir les animaux du cirque. Les animaux errants et les faibles rentrées d'argent ne leur suffisent plus pour nourrir leurs bêtes, ils prennent tout ce qui se présente à eux. Ce ne sont pas des ragots, racontars, mythes urbains, ce sont des informations non-officielles et bien officieuses comme on sait bien les faire en France. On le sait, mais on ne fait rien contre, de peur de… de quoi en fait ?
Elle demande donc à mon père s'il y avait bien eu un cirque proche de son habitation et il lui répond qu'en effet, il y en avait bien un qui était là en ce moment.
On ne lui a pas dit ce qu'ils faisaient avec les animaux enlevés, il était déjà tellement touché et troublé par la "perte" de sa chienne, on allait pas lui raconter cette probable fin tragique.
Que ça soit vrai ou pas, que ça soit eux où non, je suis scandalisé de ce que j'ai appris. Je ne jette pas l'opprobre, ni ne fait de généralité, mais il n'y a pas de fumée sans feu et il y a des gens sans scrupules partout.
Et en plus de la peine de mon père que je ressens et partage, rien que le fait d'imager cette pauvre chienne, un magnifique rantanplan au demeurant, en petits morceaux servant de repas à un lion, j'en suis tout retourné, pour ne pas dire d'autres mots.
De là, je laisse à chacun le soin d'en tirer de probables enseignements.
Alexandre Bouvard