Les dépenses de l’Etat sont de 290 Milliards d’€ (17.800 € pour un couple avec deux enfants).
Les dépenses de la Sécurité Sociale sont de 428 Milliards d’€ (26.000 € pour un couple avec deux enfants).
Parmi ces dépenses de Sécurité Sociale, la branche maladie représente 174 Milliards (10.700 € pour un couple avec deux enfants).
La branche la plus déficitaire est la branche maladie. En cette période de menaces sur la pérennité des comptes publics, notre devoir est de proposer des solutions en profondeur, de long terme.
Or le système de santé touche à l’intime. Toute modification a une résonance politique forte.
Par défaut de lucidité, par manque de courage, constatons que le personnel politique se montre incapable de traiter le sujet. Par exemple, pour l’hôpital, le sujet est reporté à 2018 (voir à ce sujet sur Générations Engagées l’article Hôpital Public : qui profite de la gabegie ? .
L’égoïsme a fait dériver le système
La chaîne de soins est plus longue qu’il y a cent ans, elle fait intervenir des métiers multiples, et chaque patient est un cas unique.
En conséquence, il faut d’abord retenir que les grands principes et les idées générales sont impuissants à eux seuls à traiter un système qui dans les faits est animé par une ultime diversité de décisions uniques. C’est pourquoi les « réformes » tentées jusque là sont des échecs.
Chaque acteur est concerné. Le sujet doit être abordé sous l’aspect de cette multitude de décisions individuelles.
Par exemple, le tiers payant et les remboursements à 100% sont un facteur de déresponsabilisation de toute la chaîne de soins. Chaque patient, chaque soignant, chaque administrateur du système est enclin à faire le raisonnement de court terme suivant : « de toute façon, ce sont les autres qui payent ».
Sous couvert de générosité, le système favorise les comportements égoïstes.
D’un autre côté, constatons que le système de santé est d’une nature toute particulière. Le « marché » de la santé fonctionne à l’inverse d’un marché normal. En effet, les plus malades sont ceux qui ont le moins de moyens pour financer leurs propres soins, du fait même de leur maladie. Les pauvres doivent être protégés.
Protection des pauvres d’une part, et rétablissement de la responsabilité d’autre part, le rétablissement d’un système sain est au point d’équilibre entre ces deux exigences.
Or nous sommes très loin de cet équilibre.
Les plus pauvres sont mal pris en charge, par exemple pour les soins dentaires et les lunettes. Et l’ensemble des acteurs est déresponsabilisé, par exemple pour les dépenses hospitalières ou les transports de patients.
De surcroît, le mercantilisme s’est introduit dans la chaîne des soins car interviennent des acteurs échappant à la déontologie médicale tels que les gérants de structures de soins, les laboratoires pharmaceutiques, les producteurs de matériel médical, les transporteurs de patients.
D’ailleurs, il serait trop aisé de reprocher à ces intervenants de vouloir dégager du bénéfice, car c’est leur objet même. Ils profitent d’un système mal conçu, placé dans une impasse.
Sortir de l’égoïsme, et rétablir une part de responsabilité
La solution tient en une phrase :
Si tous les soignants et les patients avaient, à qualité égale, le souhait du moindre coût, nous sortirions des dérives actuelles.
Pour redonner une part de responsabilité au patient, je propose d’appliquer au coût total des soins une franchise de 10% du revenu du foyer fiscal, quelle que soit la nature de ces revenus. Chacun participe à due proportion de sa capacité financière, le risque supérieur demeurant pris en charge par la collectivité.
Pour redonner une part de responsabilité aux soignants, je propose que le point d’entrée dans le système de santé soit le médecin généraliste, et qu’il ait un impact sur les coûts.
A cet effet, je propose de donner au médecin le choix de l’établissement d’hospitalisation ou du spécialiste libéral. Le patient capricieux restant libre de choisir un autre établissement ou un autre spécialiste, mais à ses frais.
Je propose que la rémunération des médecins généralistes soit basée sur un montant forfaitaire par patient.
Les honoraires sont comptés par patient pris en charge et non plus par consultation.
Sur cette base forfaitaire, la moitié est une part fixe, et l’autre moitié est une part variable calculée par rapport à l’écart du coût total moyen d’un patient.
La moitié fixe sert à protéger les revenus des médecins prenant en charge des patients dont les pathologies sont plus lourdes ou plus fréquentes (observons au demeurant que le refus de soins est un motif de radiation de l’Ordre des médecins).
Application chiffrée
Montant total des honoraires versés aux médecins généralistes = 12 Milliards d'€
Nombre de résidants en France = 65.000.000
Budget de la branche maladie de la Sécurité Sociale = 174 Milliards d’€
Montant de la rémunération annuelle calculée par patient pris en charge = R
Coût total des soins et arrêts maladie pour le patient = C
Nous avons :
R = [[12.000.000.000/65.000.000)/2] + [(12.000.000.000/65.000.000)/2]*[(174.000.000.000/65.000.000)/C]] €
Soit :
Rémunération annuelle par patient pris en charge = (92,30+2678/Coût total des soins et arrêts maladie pour le patient pris en charge) €
Quels sont les bénéfices de ce système assaini ?
1° Réduction des excès de consultations
2° Incitation à la prescription de médicaments génériques
3° Arrêt des abus en matière de transport médicalisé des patients
4° Extension de la meilleure qualité de gestion à l’ensemble des hôpitaux et structures médicalisées
5° Elimination des arrêts maladie factices
6° Valorisation de la prévention médicale
7° Amélioration des prises en charge pour la dentisterie et l’optique
8° Récupération de marges de manœuvre pour majorer les budgets de Recherche
Je projette que les économies réalisées par ce projet permettent une réduction des dépenses de 40 Milliards d’€ au total, dont 24 Milliards pour l’Hôpital, 15,5 Milliards pour les soins de ville, et 1,5 Milliards pour les résidences médicalisées.
Nous sauvons ainsi ce qui est bon dans le système et qui est menacé aujourd’hui, c’est-à-dire un haut niveau de qualification des soignants, et une Recherche de pointe.
Bâtissons un système de santé où chaque acteur retrouve sa responsabilité, et perd son intérêt personnel à cultiver un comportement irresponsable.
Webographie :
Médecine Libérale : Propositions du président du Conseil National de l’Ordre des Médecins
***Vous pouvez consulter ici tous les rapports publics sur la santé
Sylvain Jutteau
[b]Voilà, à titre d’illustration, une des mesures « vues d’avion » pour traiter le déséquilibre du système de santé.[/b]
C’est l’ONDAM, l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie. Bien sûr, on a créé comme d’habitude une petite bureaucratie dans la bureaucratie pour soi disant « piloter cette invention bureuacratique. Et que fait cette petite bureaucratie qualifiée de « groupe de travail » ? ….Elle publie un rapport, bien sûr :
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/104000235/0000.pdf
On apprend dans ce rapport qu’il faut [i]accroître la transparence[/i], qu’il faut [i]formaliser et renforcer le dispositif[/i], et qu’il convient aussi d’[i]instaurer de nouveaux outils.[/i]
La particularité de ces trois remarques est qu’elles peuvent être rédigées à l’identique pour toute action publique….C’est à se demander s’ils n’ont pas copié/collé une autre rapport. En tout cas, la marque de fabrique du sabir autiste est bien là.
Dans quel monde vivent-ils ?
Voilà des nouvelles d’un système de santé dans une économie administrée :
http://www.liberation.fr/monde/0101647334-on-m-a-enleve-un-kyste-pres-de-l-oreille-avec-un-couteau-et-sans-anesthesie