Café Générations Engagées, mardi 27 avril : Est-il possible d’informer librement ?

Marie-Laure Augry (France 3), Jean-François Julliard (RSF), Gilles Klein (Arrêt sur Images) et Arache Djannati-Atai (Move4iran) étaient les invités de Générations Engagées pour un débat consacré à la liberté d'informer.
Le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard, a commencé par introduire le sujet du jour en précisant que la France avait ces dernières années régressé dans le classement annuel de RSF sur la liberté de la presse. La France n’est plus dans les premières mais 43ème sur 175. Pourquoi cela ? « Tensions entre la presse et les autorités de la République, pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public : la situation de la liberté de la presse en France se dégrade depuis quelques années. », selon Mr Julliard.
La parole a été alors naturellement donnée à Marie-Laure Augry, journaliste, connue notamment pour avoir présenté le JT de 13h aux côtés d’Yves Mourousi dans les années 80. La médiatrice des rédactions de France 3 a évoqué le profond malaise et la colère dans lesquels sont plongés à la fois les salariés de France Télévisions mais également les téléspectateurs. En effet, elle reçoit beaucoup de courrier montrant le désaccord profond des gens vis-à-vis de l’attitude de l’Elysée à l’égard de la télévision publique. Mais elle tient à souligner que l’indépendance des journalistes passe d’abord par le journaliste lui-même dans son métier quotidien. Reste à savoir combien de temps cette indépendance pourra persister au vu des pressions sourdes et silencieuses qui poussent à l’auto-censure. Cette pression a malgré tout toujours existé même si elle avait tendance à être moins politique ces dernières années et plus dans le milieu professionnel. Mais cela existe dans tous les métiers où il y a une relation patron-employé….
Gilles Klein a tenu à également insister sur ce point, avant de parler plus particulièrement d’Internet et du journalisme citoyen. Il en a décrit les limites : quand un citizen reporter a une source, le journaliste va prendre le temps de multiplier les sources et de les vérifier. Internet ne peut pas remplacer le journalisme classique (si l’on puit dire). Quand on voit des sites d’information payant comme médiapart, ceux-là ne concernent qu’une minorité. Il faut donc redonner un nouveau souffle au journalisme. Les blog, les post.fr et autre Agoravox, peuvent venir en complément. Par ailleurs, Internet reste le média des classes privilégiées. Pour pouvoir notamment s’informer sur Internet, il faut savoir l’utiliser à bon escient, savoir s’y orienter, avoir un esprit habitué à la synthèse, savoir jongler mais surtout pouvoir prendre le temps. La démocratisation de l’information par Internet est donc un leurre.
Enfin, Arache Djannati-Atai, président de l’association Move4Iran pour la liberté et la démocratie en Iran, a parlé plus particulièrement de la liberté de s’informer en Iran. Pays mal classé par RSF, situé dans les 10 derniers, a-t-il souligné. Dans un pays où la dictature s’est installée pernicieusement, Internet faisait office de liberté et de seul moyen de communiquer, quand toutes les télévisions étaient celles d’Etat ou alors étaient censurées ou ne pouvaient plus émettre. Mais après les élections frauduleuses et les nombreuses manifestations, les gens, quel que soit leur niveau de vie, ont commencé à comprendre et à voir cette censure. Quand vous voyez des centaines de milliers de manifestants et que la télé vous en montre qu’une moitié, vous commencez à saisir.
Les manifestants ont usé alors beaucoup d’Internet, de twitter, de mails, etc… et de textos. Les lignes téléphoniques ont alors été coupées et les mails surveillés. La peur marche bien… le régime de la peur…
Nous avons pu ainsi aborder les différents moyens de s’informer avant d’assister et de participer à un jeu de questions réponses avec la salle !
Nous tenons à nouveau à remercier les intervenants qui fait de ce café GE un moment exceptionnel d’intelligence et d’information.
Nous tenons à remercier la quarantaine de personnes venues malgré les vacances.
Enfin merci à tous ceux qui l’ont réalisé, et je ne citerai qu’eux : Franck Vautier, Fabien Neveu, Virginie Votier.
Retrouvez ici les vidéos de la soirée.
Ne manquez pas notre prochain café qui débute notre série «  A la rencontre des invisibles de notre société) :
Les sans-domicile fixe
le Jeudi 27 Mai à 19h
Aux Edelweiss,
 85, avenue Gambetta, Paris 20ème, Métro Gambetta
Nicolas Bonfils

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